N° 259 - Juin 2021

La tristesse de la rechute

Auteur(s) : Dominique BARBIER, ancien chef de service des hôpitaux, addictologue
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Après une période d’abstinence, Lucie rechute, ce qui la plonge dans une profonde tristesse. S’appuyant sur les aspects psychodynamiques de la rechute, son psychanalyste lui suggère de « pleurer plutôt que boire ».

C’est la première fois que j’assiste à une telle crise de sanglots, vibrants, émouvants. Ils emplissent la pièce de leurs sonorités poignantes, se réverbérant presque en une douloureuse mélodie qui frappe mes oreilles de façon incoercible, dans une modulation passant de l’aigu au grave, et me met très mal à l’aise pendant de longues minutes.

Lucie, 52 ans, a entrepris une psychanalyse depuis trois mois. Elle a immédiatement arrêté de boire après la 2e séance parce que, dit-elle, « quelqu’un l’a écoutée ».

Je me méfie toujours de ce genre de déclarations tonitruantes qui signifient certes un transfert massif, mais labile et bien versatile. Aujourd’hui, elle exprime « sa tristesse d’avoir rechuté dans l’alcool » et n’en comprend pas les raisons. Non seulement elle s’en veut, n’est pas fière, mais elle se sent déprimée, abattue, d’humeur maussade et surtout très triste. Elle insiste sur ce dernier affect !

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