Santé mentale : impliquer les élus

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L'intégration citoyenne des personnes vivant avec des problèmes de santé mentale passe par le développement d’une offre de soins et d’accompagnement social qui garantisse continuité et proximité. Les élus doivent donc prendre la mesure du rôle qu’ils ont à jouer dans la réponse collective aux questions de santé mentale. En effet, même si la santé ne relève pas directement de leurs prérogatives, ils tiennent la plupart des leviers qui l’impactent (logement, droit, sécurité, éducation, culture, handicap…). Confrontés aux problèmes de santé mentale dans l’exercice de leurs missions, ils sont souvent démunis pour y répondre, tant les problématiques sont complexes, mal connues et stigmatisées.

Depuis 2012, le Psycom (organisme public d'information, de communication et de formation sur la santé mentale) participe, en lien avec l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France, au développement des Conseils locaux de santé mentale (CLSM) (1) et propose gratuitement aux équipes municipales une sensibilisation aux questions liées à la santé mentale. Découpée en deux demi-journées, cette action aborde les troubles psychiques, l’organisation des soins et propose une réflexion globale sur la stigmatisation et l’intégration citoyenne des personnes concernées. Ces formations sont construites sur mesure, animées par l’équipe du Psycom, des partenaires locaux et des bénévoles d’associations d’usagers et de proches. Trois équipes municipales en ont ainsi bénéficié : Aubervilliers (93), les XIIIe et XIVe arrondissements de Paris, soit 34 personnes (élus et conseillers techniques).

Lors de l’évaluation, 88 % des élus ont jugé ces actions « très satisfaisantes ». Ils rapportent une meilleure compréhension des sujets traités et une intention d’agir différemment, par exemple concernant la gestion des problèmes de voisinage ou d'accès au logement et aux soins. Si cette évaluation prend en compte le discours des participants et non leurs actions a posteriori, l'analyse de l’investissement personnel, des perceptions avant/après la formation et des intentions d'agir, montrent un fort niveau d'implication des élus. Le Psycom va poursuivre son travail auprès des nouvelles équipes municipales.
1– Voir les Recommandations pour l’élaboration d’un CLSM, CCOMS, février 2013, sur www.ccomssantementalelillefrance.org/sites/ccoms.org/files/Recommandationsf%C3%A9v13.pdf