19-20 juin 2026 - Bordeaux

Du corps à la rencontre

FacebookXBlueskyLinkedInEmail

Le corps soignant face aux formes graves des troubles des conduites alimentaires (TCA)

Colloque 2026 de la Fédération française anorexie et boulimie (FFAB)

La prise en charge des patient(e)s souffrant de Troubles des conduites alimentaires (TCA) confronte régulièrement les équipes de soins à des formes sévères, soit dès la première rencontre, soit au décours d’une aggravation progressive des symptômes ou d’une chronicisation. Tous les types de TCA peuvent être concernés par ces formes sévères, mais l’anorexie restrictive reste sans doute la plus impressionnante, dans la mesure où elle associe un état de détresse psychique à des conséquences somatiques majeures, mettant en jeu le pronostic vital à partir d’un certain degré de dénutrition.

Pour autant, les formes sévères de boulimie et d’hyperphagie boulimique peuvent entraîner des conséquences psychiques et somatiques graves et parfois vitales.

Deux questions peuvent alors se poser :

D’une part, quelles caractéristiques cliniques et psychopathologiques permettent de comprendre l’émergence de situations régressives si profondes, marquées par le rapport répétitif aux actes d’auto-sabotage et aux attaques du corps-propre ?

Et d’autre part, comment articuler au mieux les soins somatiques nécessaires en première intention, avec le « traitement psychique du corps », visant à inscrire un changement dans la logique addictive destructrice à l’œuvre ? La dimension addictive vient en effet enfermer le sujet dans la contrainte de répétition, à travers des procédés autocalmants comme l’hyperactivité et l’hyper intellectualisation, au détriment de la vie psychique, des affects, des représentations, et de leur mise en mots.


Ainsi, de l’approche corporelle initiale à la subjectivité partagée, c’est un véritable travail de « réanimation psychique » qui doit s’engager. Dans ces cas, l’hospitalisation s’avère le plus souvent nécessaire, mais la difficulté de la prise en charge est marquée par la résistance, voire le refus de la patient(e) d’accepter des soins vécus souvent comme intrusifs ou persécutifs.

Ces situations extrêmes mettent en tension le cadre thérapeutique, les places et rôles de chaque professionnel, ainsi que la cohésion de l’équipe pluridisciplinaire. C’est pourquoi un travail d’équipe au quotidien, devrait pouvoir offrir un « corps groupal » solide et cohérent, pouvant faire face au corps anorexique, à la fois énigmatique, effrayant et désespérant. Les contre-attitudes des équipes face à cette violence peuvent se manifester par des positions défensives nombreuses, qui devront être élaborées et surmontées pour éviter qu’elles ne deviennent des obstacles aux soins.

Les médiations corporelles diverses qui nous seront présentées dans les ateliers font partie intégrante de ces prises en charges, visant au dégagement progressif de la massivité des symptômes et au travail de leur mise en mots, tant par l’équipe de soins que par la patient(e). Les exposés théoriques et cliniques nous permettront de partager nos expériences de ces situations difficiles et des moyens utilisés en vue de maintenir vivante une capacité soignante groupale, à la fois contenante et créative.

Objectifs du colloque  

  • Mieux comprendre les mécanismes cliniques et psychopathologiques à l’œuvre dans les formes sévères et chronicisées des TCA.
  • Articuler les soins somatiques et psychiques, de l’urgence vitale à la « réanimation psychique » du patient.
  • Soutenir le travail d’équipe pluridisciplinaire, en renforçant la cohérence du cadre thérapeutique face aux résistances et contre-attitudes.
  • Partager des pratiques cliniques et des médiations corporelles favorisant la restauration du lien au corps, à l’autre et à la subjectivité.

Informations pratiques :