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La maladie diabétique impose aux patients et aux soignants de nouveaux modes de pensées et de relations. Pour le soignant, il ne s’agit pas d’imposer, mais de négocier sans cesse, voire de contractualiser avec la personne malade surtout en cas de pathologie associée.
Au coeur d’un ouvrage passionnant intitulé La blessure et la force, Philippe Barrier nous livre notamment une analyse très personnelle du vécu de l’hypoglycémie, entre « absence » et « retour à soi »…
Quand un patient schizophrène chronique comme M. Frey prend à son compte son diabète, c’est une réussite qui rejaillit sur l’ensemble de sa prise en charge. L’éducation thérapeutique menée par une infirmière libérale, soutenue par une équipe de psychiatrie, devient une « arme » au service de l’autonomie du patient.
Améliorer la qualité du suivi infirmier des patients traités par antipsychotiques atypiques, afin de dépister précocement le syndrome métabolique et ses complications, tel est l’objectif de l’outil clinique élaboré par des infirmières québécoises en santé mentale.
Priver les patients handicapés psychiques et diabétiques d’un accès à l’éducation thérapeutique au prétexte qu’ils sont « non éducables » n’est aujourd’hui plus acceptable !
Contrairement aux définitions infirmières proposées, l’empathie est une façon de s’ouvrir à l’autre, à ses affects, à sa façon de percevoir le monde. L’empathie suppose une certaine réciprocité, ainsi en est-il de Dominique qui apprend de Pascal l’art de gagner ses combats.
Dans la relation soignant/soigné, des émotions « honteuses » (se sentir supérieur, éprouver de la haine vis-à-vis de certains patients ou s’angoisser d’être un jour soi-même dépendant) peuvent inhiber l’empathie. Ce sont pourtant des composantes normales de l’attitude soignante.
La tâche actuelle des théories de l’empathie est à la fois de critiquer les anciens modèles abstraits et simplificateurs et de se donner les moyens de montrer comment les rapports sociaux n’entravent pas mais, au contraire, participent aux dynamiques affectives et pratiques à l’oeuvre dans les interactions empathiques.
Il existerait une propriété neuro-cognitive générale qui permettrait la reproduction de l’activité mentale d’un individu à celle d’un autre.
Le thérapeute empathique veille à resituer les affects et émotions du patient dans son cadre de référence interne, sans interférer avec ses propres émotions. La finalité étant qu’il porte un nouveau regard sur lui : un être de compétences plutôt que de dépendance, en évolution, en « actualisation » selon Rogers.