Le 11 septembre 2026, les Dispositifs Premières Heures (DPH) parisiens ont organisé leur toute première journée. Ces dispositifs encore peu connus proposent un accompagnement à la reprise progressive d’une activité professionnelle, mais surtout un accompagnement social global qui permet la résolution de problèmes constituant des obstacles à la reprise d’un emploi.
Coportée par la Fondation Falret, le LaboFabrik de l’Association Gaïa, la Conciergerie solidaire de l’Association Aurore, ainsi que les Dispositifs Premières Heures (DPH) de l’Armée du Salut, cette première édition a bénéficié du soutien de la Ville de Paris et de Paris Solidarités – Direction des Solidarités (DSOL).
Le DPH, un dispositif parisien innovant
Impulsé par la Ville de Paris, le Dispositif Premières Heures s’adresse aux personnes qui connaissent ou ont connu la rue et pour lesquelles les parcours classiques d’insertion ne sont pas immédiatement adaptés. Il permet une reprise progressive d’une activité professionnelle, avec un temps de travail adapté aux capacités de chacun, de 1 à 72 heures par mois, pendant 12 mois maximum. L’objectif est de permettre progressivement l’accès à un emploi plus durable.
L’emploi peut ainsi devenir un point d’appui pour agir sur d’autres dimensions de la précarité : retrouver un rythme, reprendre confiance, recréer du lien social, mais aussi avancer sur des questions de logement, de santé ou d’accès aux droits.
Pour faire connaître ces dispositifs au milieu social et sanitaire, mais aussi au grand public, les DPH ont misé sur la force de la rencontre et de l’animation avec des ateliers autour de leurs métiers et savoir-faire.
Des ateliers pour faire découvrir les DPH
Sous un beau soleil, et dans un écrin à l’abri des bruits de la rue, les équipes étaient installées sur la terrasse du Café caché du Centquatre-Paris.
Bricolage sur bois, découverte de la valorisation des invendus alimentaires, confection de fleurs à partir de collants et de fil : les ateliers qu’elles ont proposés au cours de la journée ont surtout servi de prétexte à la rencontre et à l’échange. Autour de ces activités manuelles, les visiteurs ont pu découvrir les DPH, leur fonctionnement et leur rôle dans les parcours d’insertion.
L’occasion aussi de parler autrement de ces dispositifs et de montrer concrètement ce qu’ils proposent aux personnes accompagnées : un cadre pour reprendre progressivement une activité, retrouver des repères et avancer vers l’emploi.
« J’ai adoré ce concept d’ateliers. Je suis repartie chez moi avec une cabane à oiseaux et une très belle fleur ! », témoigne une participante.
Quand le Café caché met les DPH en lumière
Le temps d’une après-midi, le Café caché a ainsi levé le voile sur les DPH. Une occasion de découvrir leur savoir-faire, mais aussi de rappeler que ces dispositifs ont besoin de clients pour faire vivre leur activité et, surtout, permettre aux personnes accompagnées de reprendre progressivement pied dans le monde professionnel.
Focus sur le DPH de la Fondation Falret
À la Fondation Falret, le Dispositif Premières Heures est né d’un manque : celui d’une solution d’insertion pour des personnes encore très éloignées de l’emploi. Jusqu’alors, les parcours proposés s’adressaient principalement à des personnes reconnues en situation de handicap et en mesure de travailler un nombre d’heures relativement important. Le DPH ouvre une autre voie à celles et ceux qui ne peuvent reprendre qu’une activité de quelques heures, parfois sans reconnaissance de handicap ni parcours de soins.
À Paris, le seul critère d’inclusion est d’avoir connu un parcours de rue. En raison de son expertise en santé mentale, la Fondation Falret accompagne notamment des personnes ayant vécu la rue et présentant des troubles psychiques.
Pour définir les activités du dispositif, un questionnaire a été proposé aux personnes accompagnées sur le territoire parisien. Bricolage, restauration et tourisme sont arrivés en tête. Trois secteurs que les salariés du DPH peuvent aujourd’hui découvrir au travers de différentes activités : bricolage, participation à la vie du Café caché ou encore entretien de l’Ethik Room, un logement proposé à la location vacancière.
L’objectif : reprendre pied dans l’emploi, mais aussi dans la vie.
Confiance en soi, lien social, accès aux soins, à un hébergement ou à un logement : les effets du dispositif dépassent le seul cadre professionnel. Pour certaines personnes encore à la rue, l’emploi peut même devenir le déclic qui permet d’accepter un hébergement ou d’engager un parcours vers le logement.
Le parcours DPH dure jusqu’à douze mois, avec pour perspective un emploi durable. À la Fondation Falret, un éducateur technique et un chargé d’insertion accompagnent les salariés, en lien avec l’association intermédiaire Travail et Partage pour la gestion administrative et sociale.
Cette première Journée des DPH aura aussi permis de rappeler une réalité souvent méconnue : ces dispositifs sont à la fois des tremplins vers l’emploi et de véritables acteurs économiques locaux. Une partie importante de leur activité repose sur les prestations réalisées par les salariés en insertion et sur le chiffre d’affaires qu’elles génèrent.













