05/06/2026

Le tabagisme dans un service de post urgence psychiatrique

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Chez les personnes souffrant de troubles psychiatriques, le tabagisme est la première cause de mortalité prématurée. Dans ce contexte quelle est la place du soignant auprès du patient fumeur ? Accompagner ou interdire ? Ne pas se soucier de la consommation de tabac, problème moindre par rapport aux troubles psychiatriques ? Ce mémoire interroge les pratiques individuelles et d’équipe afin d’améliorer la prise en soins des fumeurs atteints de troubles psychiatriques. Résumé de l’autrice, Laurence Fabaron, infirmière d’addictologie de liaison.

Le tabagisme est la première cause de mortalité prématurée pour les personnes atteintes de troubles psychiatriques. Leur qualité de vie est fortement impactée par cette consommation sur le plan de la santé somatique, psychique mais aussi sociale et financière. Infirmière en équipe de liaison d’addictologie ( ELSA) au Centre Hospitalier Alpes Isère ( CHAI), ce travail de mémoire consiste à mieux cerner les représentations des soignants dans un service de post urgence psychiatrique au sujet du tabagisme en tentant de répondre à cette question :  « Quelle est la place des soignants dans la prise en charge du tabagisme des patients fumeurs ayant des troubles psychiatriques aigus ? ».

Méthode : étude qualitative menée sur huit membres du personnel soignant de l’APEX, volontaires. L’étude a été réalisée à deux moments distincts dans le cadre d’entretiens de groupe reposant sur deux questions : « Quels sont les problèmes liés au tabac qui se posent à vous, dans le cadre de votre travail ? » et « Selon vous, quels sont les problèmes liés au tabac auxquels les patients hospitalisés dans votre service sont confrontés ? »

Résultats : Quatre points émergent de cette enquête : le problème matériel (pas de tabac, pas d’argent, état de manque), des enjeux relationnels (calme du patient mais aussi conflits), l’éthique (droit des patients dans les hospitalisations sous contrainte mais également la naissance du tabagisme en raison de l’ennui) et la question institutionnelle (aucune règle n’encadre le tabagisme).

Discussions : Le tabagisme dans un service de post urgence psychiatrique suscite de nombreuses questions et a tendance à cliver les différent membres d’une équipe. Accompagner ou interdire ? Ne pas se soucier de la consommation de tabac, problème moindre par rapport aux troubles psychiatriques ? Entre soignants fumeurs et non fumeurs, les discours et pratiques ne sont pas les mêmes. Il serait donc nécessaire d’amorcer une réflexion sur le tabagisme dans ce contexte, d’interroger les pratiques individuelles et d’équipe et enfin d’envisager des propositions afin d’améliorer la prise en soins des fumeurs en santé mentale.

• Laurence Fabaron, « Réflexions sur le tabagisme dans un service de post urgence psychiatrique», Centre hospitalier Alpes Isère, 2018-2019 (PDF).