Santé mentale : dix propositions de la Mutualité française pour améliorer l’accès aux soins

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 Alors que la santé mentale des Français s’est dégradée avec la crise sanitaire – 13 millions de personnes souffrent de troubles psychiques en France – la Mutualité Française dévoile les résultats de son Observatoire et formule dix propositions afin d’améliorer la prise en charge de ces patients.

D’après un sondage Harris Interactive pour la Mutualité Française, 64 % des Français ont déjà ressenti un trouble ou une souffrance psychique (75% pour les moins de 35 ans). Et, au cours de la dernière année, 95 à 97 % des médecins généralistes, psychiatres et psychologues font le constat net et partagé d’une augmentation des consultations pour anxiété, sentiment d’isolement, état dépressif et troubles du sommeil. 

« Pour une majorité de Français (62 % et 70 % pour les psychiatres), le Gouvernement prend mal en compte les enjeux liés à la santé mentale dans son action ». 

Face à ce constat, la Mutualité Française formule dix propositions afin de faire progresser la prise en charge des patients souffrant d’un trouble psychique :
– Elle préconise ainsi de développer des actions à destination du grand public pour déstigmatiser les troubles mentaux, pour aider les populations à identifier des signes de mal-être, et pour expliquer les rôles des différents intervenants de la santé mentale. 
– Elle propose d’investir dans le dépistage et la prévention des troubles psychiques notamment en renforçant les services de médecine préventive et de promotion de la santé (services de protection infantile, médecine scolaire et universitaire, médecine du travail). 
– Elle suggère de renforcer les compétences psychosociales de la population (gestion du stress, régulation des émotions, gestion des conflits, etc.), en développant des programmes de prévention, notamment pour les parents. 
– Elle souligne la nécessité d’avoir une attention toute particulière sur les populations les plus précaires (personnes sans domicile fixe, migrants) ainsi que sur les détenus en prison. 
– Elle préconise l’émergence de nouveaux métiers et le développement des protocoles de coopération entre professionnels pour disposer du temps nécessaire à l’accompagnement des patients (avec, par exemple, la formation des infirmiers en pratique avancée en psychiatrie et santé mentale). 
– Elle propose également d’organiser une gradation des soins en fonction de la sévérité des troubles du patient et d’encourager le développement des résidences d’accueil qui permettent une plus grande autonomisation des patients qui sortent de l’hôpital. 
– Elle appelle à étudier avec les pouvoirs publics, l’assurance maladie, les complémentaires santé et les professionnels les conditions et modalités d’une prise en charge pérenne des consultations de psychologues. Cette réflexion pourra utilement s’appuyer sur les enseignements de l’initiative prise par les mutuelles en 2021 de rembourser 4 séances de psychologue. 
– Elle demande de forfaitiser le reste à charge à hôpital et de plafonner le tarif des chambres particulières.
Enfin, elle aspire à ce que l’allocation de ces dépenses soit au service de la transformation de la prise en charge pour adapter les moyens aux besoins des populations. 

« Avec cet Observatoire et nos propositions, nous avons souhaité contribuer utilement au débat public sur ce sujet clé  qu’est la santé mentale, parent pauvre des politiques de santé publique. » Daniel Havis, vice-président délégué de la Mutualité Française 

Comment fonctionne le remboursement des consultations de psychologues par les mutuelles ?
Réponse en vidéo

Communiqué de presse de la Mutualité française, 2 juin 2021.