Selon l’OCDE, les troubles liés à la santé mentale engendre un coût de 80 milliards d’euros annuels en France

FacebookTwitterLinkedInEmail

Selon une étude publiée par l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), le coût engendré par les troubles de santé mentale s'élève à plus de 600 milliards d'euros en Europe. Pour les experts, ces chiffres pointent la nécessité d'améliorer les diagnostics et les prises en charge, pour alléger « le fardeau » des personnes mais aussi favoriser la croissance de l’emploi et de l’économie.

Selon le Panorama de la Santé : Europe 2018, ces troubles de santé mentale (dépression, troubles anxieux, problèmes liés à la consommation d’alcool et de drogues), touchent plus d’une personne sur six dans l’Union européenne chaque année. Outre l’impact sur le bien-être de ces personnes, le rapport estime que ces problèmes de santé mentale engendrent un coût total supérieur à 600 milliards EUR – soit plus de 4 % du PIB – dans les 28 pays de l’UE.

Pour une grande part, ces coûts sont liés aux taux d’emploi et à la productivité moins élevés des personnes atteintes de troubles de la santé mentale (1.6 % du PIB ou 260 milliards EUR) et aux dépenses plus importantes consacrées aux programmes de sécurité sociale (1.2 % du PIB ou 170 milliards EUR), le reste correspondant aux dépenses directement allouées aux soins de santé (1.3 % du PIB ou 190 milliards EUR).

« Ce lourd fardeau (…) n’a rien d’inéluctable, explique M. Angel Gurría, secrétaire général de l'OCDE. De nombreux pays européens ont adopté des mesures et des programmes pour faire face aux troubles mentaux, mais il reste beaucoup à faire pour promouvoir la santé mentale et améliorer la prise en charge des personnes touchées ».

À l’occasion du lancement du rapport à Bruxelles, M. Vytenis Andriukaitis, Commissaire européen pour la santé et la sécurité alimentaire, précise que l'objectif de ce travail est de fournir aux États membres des informations précieuses pour mettre davantage l’accent sur cette charge trop souvent négligée : « Il présente de solides arguments en faveur d’actions mieux cordonnées visant à promouvoir une meilleure santé mentale à l’école et au travail, mais aussi parmi les populations plus vulnérables comme les chômeurs et les personnes âgées ».
Le rapport met aussi en lumière le ralentissement des gains d’espérance de vie constaté ces dernières années dans de nombreux pays européens, y compris la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, qui tient en partie à une réduction moins importante des décès causés par les maladies cardiovasculaires, sous l’effet peut-être de l’augmentation des facteurs de risque comme l’obésité et le diabète. On constate également une hausse du nombre de décès de personnes âgées, causée notamment par la sévérité des épisodes de grippe enregistrés ces dernières années dans certains pays.

D’importants écarts persistent en matière d’espérance de vie selon le milieu socioéconomique. À 30 ans, les personnes ayant un faible niveau d’études ont une espérance de vie inférieure de six ans à celle des personnes les plus instruites. Cet écart est particulièrement prononcé dans les pays d’Europe centrale et orientale, surtout chez les hommes, en raison de modes de vie moins sains et de disparités dans l’accès aux soins de santé.

  • Health at a Glance: Europe 2018, OCDE, novembre 2018.