Suicide en prison, un risque multiplié

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Une étude de l’Ined (Institut national d’études démographiques) révèle qu’en prison un décès sur deux est un suicide. Avec 18,5 suicides enregistrés pour 10 000 personnes écrouées entre 2005 et 2010, le suicide y est aujourd’hui sept fois plus élevé qu’en population générale. Dans ce travail, les chercheurs présentent l’évolution du suicide en prison depuis le milieu du XIXe siècle et analysent les facteurs risques. Les résultats confirment la vulnérabilité des personnes en détention provisoire, qui  se suicident davantage que les condamnées, et montrent le rôle prépondérant de l’isolement, qu’il soit physique ou social.
Le moment de l’incarcération, qui marque la rupture avec les proches, la restriction des libertés, la nécessité de s’adapter au nouvel environnement et, pour beaucoup, une absence de perspective d’avenir, est un moment à risque. La nature de l’infraction joue également un rôle, les personnes condamnées pour des infractions violentes et sexuelles étant plus concernées. Dans ce contexte, l’amélioration de l’environnement du détenu est mise en avant dans la prévention, ainsi que le développement d’aménagement de peines en milieu ouvert.

  •  Suicide des personnes écrouées en France : évolutions et facteurs de risque. Population, F, 2014, 69, n° 4, à télécharger sur le site de l’Ined, www.ined.fr, http://goo.gl/yEdKWF