RemedRugby, du sport pour se réinsérer

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Apprendre à être en groupe, accepter les règles du jeu, s’entraîner, élaborer une stratégie… RemedRugby, initiative de réinsertion autour du rugby pour des personnes souffrant de schizophrénie est proposé depuis 2013 par le Centre de réhabilitation psychosociale et de remédiation cognitive (C3R) du centre hospitalier Alpes-Isère (CHAI). L’originalité du programme est de coupler des séances groupales utilisant des techniques de réhabilitation psychosociale (entraînement aux habiletés sociales, remédiation cognitive) avec une mise en pratique « écologique », par l’intermédiaire du sport adapté (touch-rugby ou rugby à cinq), afin de renforcer les acquis et leur généralisation aux différentes activités de la vie quotidienne.
L’objectif est d’aider ces patients à lutter contre la stigmatisation rencontrée dans leur vie quotidienne ou professionnelle et d’acquérir des comportements affirmés dans leur relation avec autrui. Il permet aussi aux participants de renforcer leurs capacités à communiquer avec les médias et le grand public sur les idées reçues liées aux troubles psychiques. À l’issue d’un match, des patients ont ainsi accueilli des journalistes pour évoquer la rencontre sportive et leur expérience.
Le programme RemedRugby comporte 12 séances groupales de 2 heures et 3 rencontres inter-établissements réalisées avec les équipes des centres partenaires (CH Le Vinatier à Lyon ; CHS Le Valmont à Valence ; CPA à Bourg en Bresse ; CHS de la Savoie, Foyer Le Chardon Bleu à Albertville, et Centre de Cotagon à Saint-Geoire-en-Valdaine). Lors de ces sessions, les patients ont exprimé leur plaisir de participer à ce programme et souligné le fait de se sentir plus à l’aise dans les interactions sociales. Certains précisent qu’ils utilisent certaines habiletés travaillées au cours des séances dans leur vie quotidienne (par exemple technique de résolution de problèmes dans la préparation des vacances d’été).
Une étude pilote a déjà pointé des résultats encourageants sur la cognition sociale et le renforcement de l’estime de soi, ce qui a conduit à la mise en place d’une étude multicentrique de validation, en cours.