Orchestrer sa propre existence
À l’aide de différents outils, et en particulier en s’appuyant sur le groupe et les activités de la vie quotidienne, une unité de soins permet au patient de construire progressivement son rétablissement.
À l’aide de différents outils, et en particulier en s’appuyant sur le groupe et les activités de la vie quotidienne, une unité de soins permet au patient de construire progressivement son rétablissement.
« Dès les premières secondes de ma rencontre avec l’institution psychiatrique, l’ampleur du choc est telle qu’il me faut réagir. Ma reprise en mains s’effectue paradoxalement à l’instant même où une machinerie impressionnante enclenche des opérations destinées à me soigner, à me venir en aide. »
Norbert est-il psychotique ou a-t-il une psychose ? Le choix des mots révèle notre rapport à la maladie et donc au rétablissement. Récit d’un parcours de soins et de l’importance de penser le rétablissement.
La psychiatrie doit restituer au patient son autonomie morale, basée sur une redéfinition de soi caractérisée par une évolution qui voit la personne malade « se définir de moins en moins en fonction du trouble mental ».
Construite sur des témoignages de patients, la théorie du rétablissement considère que la personne peut se remettre de la catastrophe psychologique de la maladie. Cinq étapes ont été mises en évidence pour offrir des soins orientés vers ce modèle .
Le rétablissement doit être reconnu comme une réalité, un processus, une perspective nouvelle. La possibilité d’un avenir favorable, en dépit d’une pathologie psychiatrique, constitue un message d’espoir considérable. Pourtant, en France, ce modèle du rétablissement, qui redonne du pouvoir d’agir à ceux qui n’en ont plus, se heurte à une forme de résistance.
François Sicot est maître de conférence en sociologie à l’université de Toulouse-Le-Mirail, et auteur d’une étude portant sur les représentations des travailleurs sociaux en matière de troubles mentaux (1). Il souligne les risques
d’une interprétation extensive de la notion de délire et de trouble mental.
N’accueille pas la parole délirante qui veut. Certains soignants endiguent leur peur d’être “impressionnés” en niant tout sens à ce discours alors taxé d’incohérence. D’autres s’interrogent. Et de leur interrogation sans cesse
retravaillée naît une approche soignante qui permet de redonner au patient une place de sujet.
Dans la théorie psychanalytique, le délire répond à une finalité interne et peut être assimilé à une tentative de résolution d’un conflit initial.
Que faire de la parole délirante dans une société où la psychiatrie est sommée de se plier à la socio-modernité ambiante ?