Journées nationales d’étude des Psychologues en Éducation nationale (PSYEN)
La détérioration des conditions de vie, d’études, des perspectives d’avenir et les réformes néolibérales qui ont transformé en profondeur le système éducatif affectent de manière importante l’équilibre psychologique des enfants et des adolescent·es.
Dans l’Education nationale, les personnels, dont les enseignants et les PsyEN sont touché·es dans le rapport à leur métier, les relations avec leurs collègues et le sens même de leur travail.
Cette déstabilisation n’est pas propice à la sécurisation des apprentissages et au développement psychologique et social dans un contexte où les adultes sont fragilisés et moins susceptibles d’être des figures significatives, supports d’identifications possibles.
Pour répondre à ce climat, le gouvernement a fait de la santé mentale une grande cause nationale et dans un même temps invisibilise et disqualifie l’existence d’un corps de psychologues au sein de l’éducation nationale. Dans le schéma de réorganisation des soins psychiques, établi par le le gouvernement, l’Ecole se voit attribuer un rôle de détection : Repérage des TND , des troubles psychiques et des violences , injonctions aux bilans et au renseignement de protocoles.
Les PsyEN rencontrent de plus en plus de difficultés à faire valoir la spécificité de leur formation et à faire respecter leur déontologie face à la multiplication de dispositifs centrés sur l’inclusion (PAS et DAR) et sur la prise en charge des enfants et adolescents en difficulté.
L’accompagnement et la prévention, essentiels en milieu scolaire, sont confiés à des personnels extérieurs pour des interventions ponctuelles, supprimant ainsi la continuité indispensable dans le suivi des situations. Les missions des psychologues et de leur place dans l’Ecole sont heurtées de plein fouet par toutes ces mesures !
Une certaine définition de la démarche scientifique et de l’efficacité des interventions sont mises en avant pour justifier un encadrement des pratiques des psychologues. A quelles instrumentalisations de la psychologie assiste t-on aujourd’hui ? Discours hégémonique sur les TND, la psychologie positive, l’idéologie du bien être, le comportementalisme, la construction des projets d’avenir… De quoi ces discours dominants sont-ils le nom ? Quelle conception du développement psychologique et social de l’enfant et de l’adolescent portent-ils ? Quels référents théoriques et quelles pratiques voudrait-on imposer aux PsyEN et plus largement à tous les psychologues ?
Elles-ils se retrouvent de plus en plus fréquemment dans une situation de travail empêché source d’insatisfactions récurrentes et souvent de mal être.
Cette tentative de prise de pouvoir du médical sur les interventions des psychologues n’est pas nouvelle. L’histoire du métier en comporte plusieurs exemples que notre mobilisation a jusqu’ici permis de faire reculer.
Les journées d’études des psychologues du SNES-FSU et de la FSU-SNUipp visent, grâce à l’éclairage des chercheurs, aux ateliers et aux débats, à permettre d’analyser les enjeux de cette transformation du rôle de l ’École, à confronter les points de vue, à enrichir les manières de voir. Ces réflexions et ces échanges pourront, nous l’espérons, fournir aux participants de ces journées, les ressources indispensables pour défendre une conception et un positionnement du métier de PsyEN, au service du développement psychologique et social de tous les enfants et adolescent.es, de la construction d’un rapport positif aux savoirs et à l’avenir, et agissant pour leur émancipation.
Informations pratiques :
- Contact : snu45@snuipp.fr
- Pour plus d’informations










