Une note de cadrage de la HAS (2026) fixe les objectifs et la méthode pour élaborer de futures recommandations sur la transidentité chez les mineurs. Elle vise à structurer un accompagnement de qualité et à préciser le parcours de soins (médicaux ou transition sociale) pour les enfants et adolescents en questionnement de genre, tout en soutenant leur entourage. Ce travail fait suite au volet adulte de 2025 et mobilise professionnels, usagers et associations.
Ces nouvelles recommandations nationales doivent structurer le parcours de santé des mineurs en questionnement de genre ou transgenres, ainsi que l’accompagnement de leur entourage. Ce projet fait suite au volet consacré aux adultes publié en 2025 et répond à une augmentation marquée des demandes de prise en charge, avec un âge moyen d’orientation médicale se situant désormais autour de treize ans, dans un contexte de forte hétérogénéité des pratiques sur le territoire français. L’objectif est ainsi de proposer des repères professionnels harmonisés, sécurisés et éthiques, dont la publication finale est programmée pour la fin de l’année 2027.
Complexité des tableaux cliniques
Pour les professionnels de la santé mentale, cette note réaffirme le principe d’une dépsychiatrisation de la transidentité, tout en soulignant le rôle central de la psychiatrie et de la pédopsychiatrie dans l’évaluation pluridisciplinaire. Les futurs travaux devront guider les praticiens face à la complexité des tableaux cliniques rencontrés, caractérisés par une fréquence élevée de troubles du neurodéveloppement, notamment le spectre de l’autisme (« Une recommandation par consensus d’experts américaine ainsi qu’une revue systématique française concernant la dysphorie de genre chez l’enfant et l’adolescent, indiquent que l’incidence des troubles du spectre de l’autisme (TSA) est de 7,8 % parmi les enfants et adolescents pour lesquels une dysphorie de genre a été diagnostiquée, soit dix fois le taux dans la population générale (0,6 à 1 %) ») et de comorbidités psychiatriques telles que l’anxiété, la dépression ou les conduites addictives. L’évaluation initiale devra accorder une vigilance particulière à la détresse psychique, au risque suicidaire ainsi qu’à la vulnérabilité liée aux violences intrafamiliales ou au harcèlement. Une méta-analyse publiée en 2020 (23), à partir de dix études (menées notamment aux États-Unis, Royaume-Uni, Australie et Japon) a mis en évidence, chez les enfants, adolescents et jeunes adultes transgenres (de 3 à 25 ans), des taux très importants de comportements auto-agressifs (28,2 %), d’idées suicidaires (28 %) et de tentatives de suicide (14,8 %), note la HAS.
Sur le plan thérapeutique, les recommandations préciseront les conditions d’accès, le calendrier et la graduation des interventions, ce qui englobe la transition sociale, l’accompagnement psychologique continu et le recours éventuel aux traitements médicaux comme les bloqueurs de puberté et les hormones croisées. La HAS insiste sur la nécessité de documenter la balance bénéfice-risque de ces molécules, de considérer la fluidité des parcours, y compris la détransition, et de préserver la réversibilité des choix autant que possible. La dimension éthique et légale constitue également un pivot de la note. Les experts devront en effet clarifier les modalités de recueil du consentement éclairé du mineur, selon son degré de maturité, et de ses titulaires de l’autorité parentale, en déterminant notamment si ces interventions relèvent d’actes usuels ou non usuels. La gestion des désaccords au sein de la famille et l’articulation nécessaire avec le milieu scolaire feront également l’objet de lignes directrices. Pour fonder ces préconisations, la HAS s’appuiera sur une analyse rigoureuse de la littérature scientifique internationale récente et sur un groupe de travail.
Transidentité : accompagnement du mineur et de son entourage, et soins proposés – Note de cadrage, Recommandation de bonne pratique – Mis en ligne le 05 mai 2026.










