Jeunes en souffrance psychique, la Fondation de France lance son appel à projets 2022

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Jusqu’au 26 janvier 2022, candidatez à l’appel à projets « Soutenir les jeunes en souffrance psychique » de la Fondation de France. Il vise à soutenir les associations et structures à but non lucratif qui accompagnent les enfants et adolescents en souffrance psychique et peut concerner addictions, risques suicidaires, troubles des conduites alimentaires, émergences des pathologies psychiatriques, psycho-traumatismes…

L’adolescence se caractérise par une période d’opportunités mais aussi de vulnérabilités particulières accrues par des inégalités économiques, sociales ou territoriales qui n’épargnent pas les jeunes. Ces vulnérabilités peuvent entrainer une détresse propice aux conduites à risque et à l’émergence de différents troubles psychiques, plus ou moins graves. En outre, les premiers symptômes des troubles psychiatriques chroniques surviennent souvent à l’adolescence ou à l’entrée dans la vie adulte. Le repérage précoce de ces différents troubles est un enjeu majeur car il est un facteur déterminant pour l’efficience de la prise en soins des patients et de leurs familles.

A ce contexte de fragilité propre à l’adolescence, s’ajoute l’impact des effets de l’épidémie de Covid-19 sur la santé mentale des jeunes. Pour certains d’entre eux, le confinement et ses conséquences ont pu être des révélateurs ou des accélérateurs d’une grande souffrance psychologique : stress et angoisse liés à la peur de la contamination auxquels sont venus s’ajouter les tensions familiales, l’isolement social, la rupture de prise en charge et d’accès aux dispositifs de droit commun ou encore l’exacerbation du sentiment de solitude. Le retentissement psychosocial de cette crise est immense, et les jeunes risquent de payer un tribut particulièrement lourd à ses conséquences : décrochage scolaire, difficultés d’accès à l’emploi, aux formations et aux prêts bancaires… Les décompensations et les passages à l’acte risquent d’en être accrus, comme l’atteste l’étude de simulation réalisée par l’Association Médicale Australienne[1] qui prédit une hausse moyenne de 25% des suicides dans la population, dont probablement 30% concerneront des jeunes alors que le suicide est déjà à l’origine en France de 16% des décès des 15-25 ans et que les jeunes représentent un tiers des suicidants. Quant aux tentatives de suicide, elles touchent 11,4% des jeunes de 17 ans (Escapad, OFDT) et l’enquête I-Share publiée en mars 2020 révèle que 23 % des étudiants ont eu des pensées suicidaires dans l’année écoulée.

Alors que certaines données[2] évaluaient à plus de 30% les jeunes sujets à des compulsions alimentaires, les troubles des conduites alimentaires (TCA) ont été exacerbés par le confinement. En France, 600 000 jeunes en sont atteints ce qui en fait la 3ème maladie chronique de l’adolescence. L’anorexie est la maladie psychiatrique qui tue le plus avec 10% de décès parmi les patients. Dans ce contexte, l’accès aux soins est donc un enjeu majeur. Or la diminution brutale des capacités d’accueil des dispositifs ambulatoires due à l’épidémie a fortement perturbé la filière de soins provoquant une augmentation de 20 à 30% du recours à la ligne « Anorexie, Boulimie Info écoute ».

Si le confinement a entraîné une baisse des consommations de substances psychoactives pour un grand nombre de personnes, dont les jeunes (Etude TREND, OFDT), l’utilisation des écrans s’est amplifiée, comme le confirme une étude en ligne réalisée par Harris Interactive pour l’association Assurance Prévention/IRMES avant et après le confinement. Or l’usage excessif des nouvelles technologies (jeux vidéo, internet…) peut entraîner un comportement addictif chez les jeunes avec des conséquences sur leur santé physique et psychique, leur vie sociale et affective.

Enfin les premiers résultats d’une autre étude, E-COCCON, menée par le CHU de Toulouse indiquent que le confinement a pu développer chez certains jeunes âgés de 8 à 15 ans « des critères de stress post-traumatique ». Or, ce stress intense s’est ajouté pour certains à une enfance ou une adolescence marquées par des violences physiques ou psychologiques sur soi ou au sein des familles, par l’exil et les violences vécues au cours des parcours migratoires ou plus généralement par de brutales ruptures de vie. Le stress post-traumatique et des psycho-traumatismes durables qui hypothèquent le bon développement et l’épanouissement psychique des jeunes sont des facteurs importants à considérer dans l’accompagnement des jeunes les plus vulnérables.

Repérer, diagnostiquer et orienter rapidement vers des professionnels qualifiés ces jeunes qui le plus souvent n’expriment aucune demande spontanée, permet de prévenir des crises aux conséquences parfois dramatiques et d’accompagner des situations avant qu’elles ne s’enkystent et se chronicisent. Intégrer des dispositifs de soins adaptés qui tiennent compte des besoins des jeunes et qui associent leurs proches dans le cadre d’une alliance avec les professionnels de soin, permet de renforcer l’adhésion des jeunes, de limiter les effets délétères de la maladie et de favoriser leur guérison et/ou leur autonomisation.

Depuis plusieurs années, la Fondation de France aide à mettre en œuvre les conditions d’une plus grande réactivité et d’une accroche thérapeutique plus efficace en direction des jeunes en souffrance psychique (TCA, addictions, risques suicidaires, premiers épisodes de crise psychotique, traumas…).

Elle souhaite en 2022 poursuivre son action, en intensifiant son soutien au repérage et à l’orientation précoces, à l’accès et au maintien dans les parcours de soins.

[1] https://www.ama.com.au/media/joint-statement-covid-19-impact-likely-lead-increased-rates-suicide-and-mental-illness

[2] Données issues de l’article https://www.eatingdisorderhope.com

• En savoir plus sur le site de la Fondation de France. Contact : projets@fdf.org