Le travail, c’est la santé ? La question posée par le Graap-Fondation * (Association groupe d'accueil et d'action psychiatrique) pour son 27e congrès annuel a fait mouche. Cette édition, qui s’est tenu les 18 et 19 mai au Casino de Montbenon, a rencontré un vif succès avec plus de 450 participants à chaque journée : salariés, employeurs, responsables RH, professionnels de l’accompagnement, personnes concernées par la maladie psychique, proches, étudiants… Le public était constitué de personnes aux intérêts très divers.
Sujet sensible et brûlant d’actualité dans une société qui lui consacre le premier rôle, le travail touche tout un chacun, à des niveaux différents. Tantôt source de valorisation personnelle et d’épanouissement, tantôt générateur d’angoisses et de tensions insupportables, toujours déterminant majeur du statut social, le travail est étroitement lié à la santé mentale de l’individu.
Quel sens donne-t-on au travail aujourd’hui ? Quelle a été son évolution au cours de ces dernières années ? Comment composer avec une fragilité psychique lorsqu’on est salarié ? Comment (ré)insérer les personnes atteintes de troubles psychiques et sans emploi sur le marché du travail ? Le travail, sous sa forme traditionnelle, est-il la seule option possible et souhaitable ou faut-il envisager d’autres formes de contributions à la société ?
Ces questions cruciales ont été explorées durant les deux jours par de nombreux intervenants : psychologues, psychiatres, philosophe, ergonome, juriste, représentants des autorités, d’associations de terrain, mais aussi personnes concernées par la maladie… Ces éclairages originaux et complémentaires ont permis de brosser un tableau fin et nuancé de la situation actuelle du travail et de ses conséquences sur la santé mentale de chacun.
Oui, le travail peut-être aussi bien un formidable moteur de développement qu’un terrible rouleau compresseur, en fonction de la situation professionnelle et personnelle, voire de l’environnement. Oui, les contextes professionnels se durcissent, isolant davantage tant les salariés que les personnes sans emploi. Oui, les conditions sont de plus en plus sévères pour les bénéficiaires de l’allocation adulte handicapé et les chômeurs. Mais ce congrès a aussi montré qu’il était possible de travailler pour les personnes souffrant de troubles psychiques de travailler en milieu ordinaire. Il a présenté des initiatives originales et engagées témoignant d’un véritable esprit de solidarité et d’entraide au sein de la société. Loin de jeter la pierre aux employeurs, les intervenants, au contraire, ont montré que les entreprises étaient preneuses de soutien et pouvaient vraiment être gagnantes dans l’accueil de personnes ayant eu des troubles psychiques à condition d’un accompagnement de la personne et de l’employeur.
Le travail et sa place dans la société évolue sans cesse. Avec son congrès, le Graap espère avoir contribué à faire avancer le débat en proposant au public des pistes de réflexion, des témoignages et des initiatives concrètes.
Rendez-vous les 17 et 18 mai 2017 pour le prochain congrès, à l'occasion des 30 ans du Graap sur le thème de la vulnérabilité.
Contact : marie.israel@graap.ch – 021 643 16 00
(*) Créé en 1987, le Graap-Association regroupe en Suisse les personnes concernées par la maladie psychique, y compris les proches. Mieux comprendre la maladie, donner un sens à sa vie, trouver les moyens pour mieux vivre avec, créer des réseaux d'entraide et de solidarité, sont quelques-uns des principes qui sous-tendent ses actions.
Le Graap-Association travaille aussi à destigmatiser la maladie psychique. Il se bat pour que les Droits de l'homme ne restent pas une déclaration d'intention, mais une éthique qui imprègne les rouages de notre société, qu'ils soient politiques, administratifs ou religieux. Il veille aussi à ce que les actions des intervenants en prise directe avec les personnes concernées par la maladie psychique soient respectueuses de la Convention internationale des droits de l'homme.