Mieux inclure les personnes handicapées

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Saisi par le Gouvernement en préparation de la Conférence nationale du handicap qui aura lieu en décembre 2014, le Conseil économique, social et environnemental (Cese) a rendu le 25 juin un avis sur les politiques à promouvoir en faveur de l'intégration des personnes handicapées. Christelle Prado, rapporteur pour la section des affaires sociales et de la santé et présidente de l'Unapei, en présente les grandes lignes sur le site du Cese.

Plus d’un quart de la population française souffre d’une incapacité, d’une limitation d’activité ou d’un handicap. Les politiques en faveur des personnes handicapées en France leur accordent les mêmes droits formels que les autres citoyens et ont permis de répondre à certains de leurs besoins, notamment en termes d’éducation, de travail, de loisirs et de soins. Mais dans la réalité, ces droits ne leur sont souvent accessibles que dans des structures séparées. Les personnes handicapées et leur famille mènent de fait souvent des vies parallèles, en marge de la société.

La loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées a marqué une première étape. Elle reconnait la responsabilité de l’environnement dans la production du handicap, traite de la compensation par le biais de prestations monétaires ou de services et pose le principe de l’accessibilité à tout pour tous. Cette vision novatrice d’une accessibilité à l’école, à l’emploi, aux ouvrages publics, etc. n’a été que partiellement mise en oeuvre. Comme l’Allemagne ou la Belgique, la France privilégie l’intégration des personnes en situation de handicap et cherche à les «adapter» à leur environnement en compensant les difficultés qu’elles rencontrent. La Suède, la Norvège, l’Italie ou l’Espagne, privilégient une approche inclusive et considèrent que l’inadaptation des services publics exclut les personnes en situation de handicap.

Pour la France, une société plus inclusive est un défi mais aussi désormais une nécessité. La superposition des dispositifs et des financeurs débouche sur un système complexe, difficile à appréhender pour les personnes en situation de handicap et leurs familles et nuit à la construction d’un véritable parcours de vie sans rupture y compris au moment de la vieillesse. N’est-il pas temps de concevoir une société où les biens et services sont accessibles à tous et où tous les citoyens peuvent faire valoir leurs capacités en exerçant leurs droits fondamentaux ?

Dans cette optique, le Cese formule des préconisations autour de quatre thématiques : un soutien au développement de la conception universelle ; une gouvernance plus lisible et le développement d'une recherche prospective ; un enrichissement de l'éducation et de la formation tout au long de la vie ; une valorisation de la singularité des compétences.

  • Mieux accompagner et inclure les personnes en situation de handicap. Avis voté à l'unanimité, 25 juin 2014. L'avis complet sera prochainement disponible sur le site du Cese, www.lecese.fr