Journée d’étude sur les violences sexuelles au féminin

FacebookTwitterLinkedInEmail

La quatrième journée d’étude du CRIAVS Rhône-Alpes (Centre de ressources pour les intervenants auprès des auteurs de violences sexuelles) qui a eu lieu le 3 février à Grenoble a rassemblé près de 400 professionnels et étudiants du sanitaire, du social, de la justice et de l’éducation nationale autour du thème des Violences sexuelles au féminin. Pierre-Yves Emeraud, membre du CRIAVS, infirmier de secteur psychiatrique, fomule «à chaud» quelques réflexions sur cette journée.

La première partie de la journée, présidée par le Professeur Jean-Louis Senon, a été consacrée aux représentations sociales autour des violences sexuelles au féminin abordées dans des perspectives historique, sociologique et clinique :
– Historique, avec Christophe Régina, Doctorant à l’Université d’Aix en Provence qui nous a illustré à partir d’œuvres artistiques et d’archives judiciaires du XVIIIe siècle combien la violence des femmes, qui plus est sexuelle, relevait d’un tabou social reléguant les auteurs définitivement hors du féminin et même de l’humain en les qualifiant de monstres ou de sorcières.
– Sociologique, avec Patricia Mercader, Professeure de Psychologie sociale à l’Université Lumière de Lyon 2, qui nous a démontré comment le phénomène des violences sexuelles au féminin était difficile à circonscrire tellement les chiffres disponibles étaient divers et discordants manifestant par le même, aussi, l’énorme difficulté à penser cette question.
– Clinique, avec Walter Albardier, Psychiatre des Hôpitaux, Pôle de Psychiatrie et conduites addictives en milieu pénitentiaire de Toulouse, qui a témoigné sur ses prises en charge de femmes auteurs en milieu carcéral. Elles agressent souvent de jeunes enfants qui leurs sont proches, les faits se répètent en moyenne sur 3 ans souvent en complicité et en présence fréquente d’alcools ou autres excitants. Ces femmes ont souvent été prédisposées par des vécus d’agression sur elle-même dans l’intergénérationnel. Leur profil ne diffère pas vraiment des hommes agresseurs et n’exige pas une clinique qui leur serait spécifiquement dédiée.
 
La deuxième partie de la journée s’est poursuivie sur les soins et l’accompagnement des femmes auteurs :
– A travers l’allégorie de la  Femme méduse, Martine Nisse, Thérapeute familiale et Directrice du Centre des buttes Chaumont à Paris nous a parlé de sa prise en charge de femmes dans une approche systémique.
– L’équipe de soins du SMPR de Lyon-Corbas nous a rapporté l’itinéraire chaotique de Karine, incarcérée pour violences sexuelles, un véritable témoignage sur la problématique de l’emprise paradoxale.
– Deux infirmières de secteur psychiatrique de l’équipe de soins intra-carcéral de Niort ont évoqué une expérience de soins menée sur deux ans avec 4 femmes auteures de violences sexuelles.
– Odile Verschoot, Psychologue clinicienne au SMPR de Nantes, Présidente de l’ARTAAS, à partir d’un cas clinique nous a illustré la problématique de la « dérive maternelle ».
 
En résumé, une journée d’étude sur un sujet hardi qui a été jugée intéressante suite aux premiers retours des participants. Même si elle mérite une analyse plus approfondie, nous pouvons déjà affirmer que cette journée a contribué à stimuler notre pensée en levant le voile sur une réalité encore en grande partie minimisée voir occultée, véritable zone d’ombre dans nos représentations sur les violences sexuelles depuis des siècles.
 
Les Actes de cette journée seront disponibles courant mars, des DVD séquencés de la journée sont à disposition au centre de documentation du CRIAVS Rhône-Alpes, par téléphone : 04 76 50 45 71  ou par email : contact@criavs-ra.org. Plus d'infos sur le site du CRIAVS Rhône-Alpes.