LYON
11e Journée de clôture du Diplôme universitaire «Psychiatrie du sujet âgé»
Le D.U. de Gérontopsychiatrie de Lyon a été créé en 2002, sous l’égide de psychiatres, et donc avec la volonté de développer et faire connaître cette spécificité émergente au sein de la psychiatrie générale. Ce DU réunit des étudiants d'horizons divers qui nous disent y trouver une dimension originale psycho-pathologique et psychodynamique, ouvrant à d’autres approches complémentaires à leur formation d’origine. Depuis 11 ans, à la demande des étudiants, le diplôme Universitaire de Psychiatrie du Sujet âgé se clôture par une journée de colloque. Sont invités les étudiants des anciennes promotions ainsi que l’ensemble des professionnels concernés.
La vieillesse et la pathologie mentale sont source de stigmatisation et de de discrimination. Les représentations stigmatisantes des malades psychiques sont mieux connues avec pour conséquences discrimination et relégation des malades mentaux. La peur de la contamination par la folie, l’étrangeté de ces patients, le risque de la violence sont souvent mis en avant pour expliciter les mécanismes d’exclusion des «fous» du corps social.
Les représentations sociales, individuelles et institutionnelles du vieillissement sont majoritairement négatives. Le phénomène d’âgisme (l’ensemble des manifestations de stigmatisation, ségrégation, mépris en fonction de l’âge) serait particulièrement marqué chez les soignants.
Le rejet des patients âgés porteurs de troubles psychiques est largement négligé. Il semblerait pourtant que l’impact des attitudes à l’égard des sujets âgés ayant une pathologie psychiatrique tende à réduire les possibilités d’accompagnement, qu’il soit thérapeutique, social ou médico-social. Ces patients auraient tendance à être désavantagés dans l’accès aux soins. Les patients psychotiques vieillissants cumulent les préjugés liés à la vieillesse et à la folie ; ils sont adressés dès l’âge de 55 ans / 60 ans dans des EHPAD où les personnels ne sont pas formés à la psychiatrie.
Si la perception par l’opinion publique de la maladie d’Alzheimer a évolué plus positivement au fil de campagnes de communication et d’information, les lieux d’accueil des patients les plus sévèrement touchés par la maladie (les UCC ou autres UHR, UVP …) semblent parfois être devenus les nouveaux lieux d’internement et de relégation, en dehors de tout regard extérieur, avec des patients confiés à des personnels démunis, insuffisamment nombreux, insuffisamment formés, souffrant du même discrédit que les patients dont ils ont la charge.
Lors de cette journée, grâce à des intervenants venant aussi bien de la psychiatrie, de la gériatrie que du médico-social, nous tenterons d’évoquer ces représentation sociales négatives et leurs conséquences en terme de politique de santé, dans les soins, et dans les établissements médico-sociaux que sont les EHPAD. Le programme de cette journée reste fidèle à l’engagement des psychiatres à l’initiative de ce DU : un enseignement pluridisciplinaire qui donne la parole à des intervenants issus de champs et de formations variés, garant d’échanges que nous espérons stimulants.
Inscription obligatoire avant le 31 mai
Rens. : tél. : 04 37 91 52 49, marilyn.jinyan@ch-le-vinatier.fr