PARIS
Colloque organisé par l'Institut Mutualiste Montsouris
On sait combien l’adolescence est marquée par l’irruption de nombreux processus de transformations corporelles, psychiques et relationnelles. Ceux-ci, aux risques de l’étrangeté inquiétante ou intolérable, redistribuent les rapports entre appartenance et différenciation, entre le sentiment d’être une personne et l’angoisse de n’être personne, ils suscitent, par nature, un réaménagement qui pourra sembler et apparaître profondément désorganisateur.
Faut-il parler d’un traumatisme de l’adolescence ? Mais, surtout, de ce général vers la population singulière que nous accueillons dans nos unités de soins, de quelle manière, sur ce processus entraîné du pubertaire, les fonctionnements limites constitueraient-ils une déformation expressive ? Sont-ils des caricatures d’adolescents ? Sont-ils des empêchés d’adolescence après avoir été des « empêchés de latence », c’est-à-dire de l’intériorisation d’une sécurité qui nourrisse l’espace temporisateur autant que créateur entre excitation et représentation ? La référence au psychotraumatisme, si régulière dans l’anamnèse de nos patients, pourrait constituer une clef pour mieux résoudre cette interrogation située sur la ligne de bascule entre continuité et discontinuité.
Le Professeur François Ansermet, président de cette journée, nous présentera le modèle de la neuroplasticité, lequel nous semble indispensable pour nourrir la réflexion sur ces liens entre trouble de personnalité, traumas et processus d’adolescence, également pour désigner pragmatiquement l’intérêt d’une thérapeutique relationnelle. Il nous fait le plaisir et l’honneur aussi de pouvoir intervenir tout le long du colloque et de conclure. Il discutera ainsi les exposés du Pr. Maurice Corcos, du Pr. Thierry Baubet qui insistera sur la dynamique transgénérationnelle, de Marion Robin qui évoquera l’épidémiologie, de Yoann Loisel qui illustrera ces problématiques par quelques figures littéraires, celui également de Émeric Saguin qui confirmera la nécessité clinique, à partir d’une expérience singulière, de suffisamment déplier l’histoire de l’individu pour ne pas se laisser figer, nous aussi, par la massivité désubjectivante d’évidentes forces de frappe traumatiques.
Rens. : tél. : 01 56 61 69 80, corinne.dugre-lebigre@imm.fr