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Définitions, premiers signes et diagnostic, quelques chiffres de la maladie.
Si le diagnostic de la maladie d’Alzheimer se fait de plus en plus tôt, en partie grâce à la multiplication des consultations de mémoire ou de psychiatrie gériatrique, il est cependant encore porté trop tardivement. Une réalité en atteste : plus de la moitié des patients ne seraient pas diagnostiqués en France.
Même si les progrès thérapeutiques actuels, et surtout à venir, sont un réel espoir pour toutes les personnes impliquées dans le soin aux malades atteints de la maladie d’Alzheimer, la place des traitements non pharmacologiques est, et sera longtemps, primordiale dans l’approche globale des prises en charge des patients déments.
Les études génétiques ont contribué, en particulier, à préciser la nature des mécanismes présidant au dépôt anormal de peptide Aβ composant majeur des plaques séniles. La grande majorité des cas de
maladie d’Alzheimer obéissent à un déterminisme multifactoriel.
Actuellement, un facteur de risque génétique majeur, l’allèle ε4 du gène de l’apolipoprotéine E (apoE), a été identifié. Une minorité de cas sont des formes familiales précoces.
En quelques années, le traitement de la maladie d’Alzheimer est passé du stade de « la contemplation » à celui d’une phase résolument active.
Une évaluation soigneuse et individualisée pour chacun des facteurs de risque et de protection face à la maladie d’Alzheimer pourrait mener à une stratégie préventive personnalisée. Prédiction génétique, contrôle des risques cardiovasculaires, efficacité des
œstrogènes ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens, mise au point d’un vaccin… autant de voies de recherche aujourd’hui poursuivies par les chercheurs.
Et si un vieillard désirait renoncer à l’intelligence des choses pour s’épargner une conscience trop désespérante de sa solitude de vieil exclu voué à la mort ?
Aborder le problème de la prise en charge des troubles cognitifs conduit de façon nouvelle à aborder le problème de la prévention de tels troubles. L’apport de la neuropsychologie est, en ce sens, porteur d’avenir.
Si on connaît assez bien, et sans doute de mieux en mieux, les symptômes de la maladie d’Alzheimer, connaît-on pour autant les symptômes du point de vue du patient ? Les appréhender suppose la prise en compte de la subjectivité du malade au travers d’une
écoute attentive. On peut alors réécrire une autre version de la démence, celle enfouie dans le savoir livré par le patient.
Savoir regarder, écouter, toucher, décoder peu à peu le sens des sons, des gestes, du comportement… Suivre la personne âgée démente sur « ses » chemins, sans vouloir à tout prix la resituer dans notre réalité de soignant… Lui permettre, peut-être, ne serait-ce qu’un court instant, de ne pas percevoir l’environnement comme hostile…