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Si, en psychiatrie, il apparaît parfois nécessaire aux soins de supprimer ou de limiter la liberté d’aller et venir d’un patient, il faut néanmoins lui garantir ses droits dans le cadre des règles édictées par la société. Comment s’articulent mesures administratives et médicales ?
En France, en matière de liberté d’aller et venir, les malades mentaux, sauf dans une brève période, ont souvent été les parents pauvres.
Libre d’aller et venir en France quand on est « psychiatrisé », mais où ? Le Groupe information asiles milite pour une psychiatrie plus humaine et respectueuse de la liberté.
Si les patients comprennent qu’il peut être « dur de travailler en psychiatrie », ils ne peuvent se satisfaire de pratiques qui les privent de leur dignité. Ils proposent des pistes d’amélioration, qui passent en particulier par une meilleure information.
Comment les patients vivent-ils leur hospitalisation en unité fermée ? Comment les soignants ressentent-ils le fait de travailler dans ces conditions ? Vécus croisés, prise de conscience mutuelle, une équipe soignante questionne et remet en cause ses pratiques.
Soigner sans fermer les portes est devenu au fil du temps une approche de plus en plus rare, voire honteuse.
C’est pourtant une invention perpétuelle, où à chaque fois il faut rechercher le point qui va faire résonance avec le patient, permettre une alliance et lui donner la possibilité de se contenir.
Mohammed, 40 ans, est pris en charge depuis de nombreuses années en unité pour malades difficiles (UMD), où il est régulièrement isolé et entravé. Pourtant, il semble préférer la réclusion à la liberté d’aller et venir, même après une sortie thérapeutique.
L’élaboration d’un protocole de libre circulation pour Nadia, résidente en Foyer d’accueil médicalisé (FAM), a permis d’évoquer le problème de ses intrusions permanentes, d’interroger le désir de protection des professionnels et la question de la liberté individuelle.
Après quelques années d’expérience d’ouvertures des portes, le chef de service d’une unité de psychiatrie en mesure l’impact pour les patients et l’équipe soignante.
La liberté se définit moins par une simple capacité physique de déplacement que par le choix global d’un projet de vie, multidimensionnel, n’excluant pas la contrainte mais à construire avec le patient et son entourage.