Symptômes comportementaux et psychologiques de la démence : l’importance de l’examen clinique infirmier

FacebookTwitterLinkedInEmail

Une étude du Centre d’excellence sur le vieillissement de Québec (CEVQ) démontre l’importance de l’examen clinique infirmier pour déterminer les causes des symptômes comportementaux et psychologiques de la démence (SCPD), cibler les interventions les plus efficaces afin d’en diminuer la fréquence et, par voie de conséquence, améliorer la prise en charge des problèmes de comportements des aînés atteints de troubles neurocognitifs majeurs (TNCM). En voici les faits saillants.

Les symptômes comportementaux et psychologiques de la démence (SCPD) constituent un défi pour les équipes soignantes. Fuites, cris, insultes, coups : les infirmières doivent en déterminer la cause pour améliorer la prise en charge de cette clientèle et mieux la soigner. Cet article québécois proposé par Lalla Mariam Haïdara, M. Sc., Philippe Voyer, Ph. D., et Pierre-Hugues Carmichael, M. Sc., et publié dans la revue Perspective Infirmière, met en lumière l’importance de l’examen clinique infirmier pour y arriver. Il présente une étude rétrospective qui décrit les causes biopsychologiques des SCPD repérées par les infirmières lors de leur examen clinique et les interventions non pharmacologiques qu’elles ont entreprises pour les traiter

Parmi les auteurs de cette étude, Philippe Voyer, inf., Ph. D., professeur titulaire à la Faculté des sciences infirmières de l’Université Laval, a déjà publié dans la revue Santé mentale, notamment sur l’évaluation de l’état mental du sujet âgé.

Au total, 110 dossiers sur 442 ont été inclus dans ce projet de recherche. L’âge moyen des participants est de 82 ans. L’échantillon se compose principalement de femmes (66 %). La résidence privée pour aînés (42 %) et le centre d’hébergement (39 %) sont les deux principaux milieux de vie. La maladie d’Alzheimer (60 %) représente la principale forme de TNCM chez les participants. Parmi les symptômes comportementaux,l’agitation et l’agressivité sont les principaux SCPD déterminés (85 % pour chacun). L’anxiété (68 %) est le principal symptôme psychologique décelé suivi de l’irritabilité et l’instabilité de l’humeur (57 %) (Tableau 2). Concernant la médication psychotrope, 75 % des participants consommaient un antipsychotique, 61 %un antidépresseur et 43 % des benzodiazépines.

« L’examen clinique infirmier démontre sa pertinence pour déterminer les causes des symptômes comportementaux et psychologiques de la démence et en assurer la prise en charge ».

Cette étude met en perspective l’importance du rôle de la profession infirmière dans la prise en charge des SCPD. Ses résultats appuient la qualité de la pratique infirmière, démontrent la validité de leur examen clinique et soutiennent les postulats du modèle des besoins compromis. Ce modèle, tout comme les lignes directrices, se fondent sur la prémisse selon laquelle les SCPD résultent d’une combinaison de causes sous-jacentes qu’il faut chercher à découvrir. Elles sont environnementales, interactionnelles et biopsychologiques. Dans tous les cas étudiés (100 %), au moins une cause biopsychologique a été identifiée attestant ainsi la pertinence de réaliser l’examen clinique infirmier en présence de SCPD.

Symptômes comportementaux et psychologiques de la démence , Lalla Mariam Haïdara, M. Sc., Philippe Voyer Ph. D., et Pierre-Hugues Carmichael, M. Sc , Perspective Infirmière, été, rentrée 2021, p. 24, Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec.