Dans la relation thérapeutique, les capacités émotionnelles du soignant sont essentielles, mais il doit savoir identifier ses propres émotions et les stratégies pour les réguler. En psychiatrie, il faut souvent résister et tenir bon face à l’intensité des troubles émotionnels de certains patients. Ce travail émotionnel doit être partagé au sein de représentations communes à l’institution ou à l’équipe. Repères pour faire toute leur place aux émotions dans les soins.

Le vécu émotionnel
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Explorer la vie émotionnelle
L’émotion est le produit d’une activité mentale. Elle n’en est pas la cause ou la source. Plaidoyer pour une psychopathologie centrée sur la vie et la régulation.
La communication émotionnelle
La communication émotionnelle est un processus interactif qui prend en compte le rôle de l’observateur. Ce dernier ne se contente pas d’interpréter et de décoder les signaux émotionnels, il prépare aussi une réponse et une action adaptées. C’est en ce sens que les expressions émotionnelles sont des « affordances sociales ».
Les troubles de l’émotion
On considère que la pathologie survient lorsque l’émotion est dérégulée, que l’affect est réprimé, inaudible. L’intensité émotionnelle perçue ou non par le sujet est un point fondamental pour le clinicien.
La régulation des émotions
La régulation émotionnelle n’est pas une simple « neutralisation affective ». Dans un dispositif thérapeutique idéal, le soignant connaît bien ses émotions et les stratégies qui lui permettent de les réguler. Il aide ainsi au mieux les patients à vivre avec les leurs.
Toucher, être touché : pour une analyse empathique
Le thérapeute qui, dans l’analyse, laisse place aux émotions, établit avec ses patients une relation d’empathie. Il acquiert ainsi la possibilité de les aider, y compris dans les domaines les moins explorés par Freud : la construction d’une estime de soi adaptée et l’élaboration des traumatismes auxquels ils ont été confrontés.
Que d’émotions !
Avec les enfants comme avec les adultes, les soignants reçoivent et éprouvent des émotions qu’ils doivent accueillir et élaborer. Deux infirmiers, l’un en pédopsychiatrie et l’autre en psychiatrie d’adultes, décrivent leurs façons de se mettre en travail.
L’intelligence émotionnelle, un outil du soin
L’intelligence émotionnelle est primordiale pour la relation soignante car elle humanise les soins. Elle repose sur un ensemble de compétences qui nous permet d’identifier nos émotions et celles des autres, de les exprimer correctement et d’aider les autres à exprimer les leurs, de les comprendre, de les gérer et de nous adapter à celle des autres.
Travail émotionnel et soins infirmiers
Dans le quotidien des services de soin, le travail émotionnel est partagé au sein de représentations communes à l’institution ou à l’équipe. L’approche sociologique permet de décrire plusieurs stratégies collectives de ce partage.
Les émotions dans la schizophrénie
Les troubles émotionnels dans la schizophrénie portent sur la reconnaissance des émotions (faciales, vocales), sur les émotions sociales impliquant les tétas mentaux d’autrui (théorie de l’esprit) et les émotions qui s’y réfèrent (empathie).
La médicalisation de nos émotions ordinaires
Ni l’industrie pharmaceutique, ni le DSM ne suffisent à expliquer les enjeux sociétaux profonds qui se jouent à travers la gestion des émotions dans la constitution de notre subjectivité moderne.
Pour en savoir plus
Chaque mois, le réseau documentaire en santé mentale, Ascodocpsy, nous propose des éléments de bibliographie en lien avec la thématique de notre dossier : « Le vécu émotionnel ».
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J.-B. Pontalis, l’homme occupé par les mots
Psychanalyste, écrivain, éditeur, Jean-Bertrand Pontalis était convaincu que la
psychanalyse devait beaucoup à la littérature. Disparu en janvier, cet humaniste laisse une oeuvre où pensées, souvenirs, psychanalyse et littérature s’entremêlent.
Accueillir et soutenir les familles en psychiatrie
Une équipe de secteur a mis en place des dispositifs d’accueil et de soutien des proches, au sein de différents lieux de soin (CMP, HDJ, hôpital) dans une perspective d’alliance thérapeutique élargie.