La fatigue du sujet âgé, cristallisée en une plainte répétitive, peut se lire comme une défense narcissique face au déclin. Elle permet alors au patient de maintenir un lien de dépendance rassurant, de préserver son unité psychique, tout en luttant contre l’irréversibilité de la perte.
Qu’il soit physique ou cognitif, le déclin est un tout qui représente davantage que le déficit d’une ou de plusieurs fonctions. À moins de l’inscrire dans un cycle comparable à celui de la lumière du jour, le déclin fait référence à une histoire individuelle qui a connu son apogée et dont la décroissance annonce la disparition. Mais c’est là une image de la destinée humaine que les personnes croyant en la résurrection ou la réincarnation ne sont pas les seules à récuser car d’autres vivent leur grand âge comme un épanouissement spirituel qui contredit à leurs yeux ce déclin. Quant à la pensée que le déclin rapproche de la fin de l’existence, elle ne se présente pas systématiquement à la conscience des personnes atteintes et nombre d’entre elles le subissent, au moins un certain temps, sans en être conscientes.
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