Se débarrasser de soi pour être les autres…
Notre époque confond interne et externe, privé et public. Aujourd’hui, pas de secret, tout est dehors, étalé, visible car il n’y a plus rien dedans, ou seulement un courant d’air d’altérité bruyante.
Notre époque confond interne et externe, privé et public. Aujourd’hui, pas de secret, tout est dehors, étalé, visible car il n’y a plus rien dedans, ou seulement un courant d’air d’altérité bruyante.
Nous sommes tous comme l’illusionniste qui montre aux autres ses meilleurs tours, mais jamais ne révèle le secret de ses tours…
Comment imaginer un monde sans secrets ? Se construire un espace pour le secret est indispensable au développement de l’enfant. Il interviendra ensuite dans tous les domaines, car il faut bien s’adapter au monde comme nous l’explique Gilbert Maurey, psychiatre et psychanalyste, dans le premier chapitre de cet ouvrage paru aux éditions De Boeck Université.
Quiconque a bâti sa personnalité en relation avec un secret reste marqué par cette construction. Evoquer avec lui ce secret lui permet de se construire enfin sur des bases solides…
Pour traiter « l’ancienne » agitation et la « moderne » violence, la frontière est étroite entre calmer (calming) et faire dormir (sedating). Les conséquences sont pourtant majeures…
Soyons-en convaincus, la sédation ne doit plus faire partie aujourd’hui des objectifs de soins en psychiatrie.
Et si du statut « d’encombrants », les patients passaient à celui « d’auxiliaires » pour inventer de nouvelles pratiques de prescription ?
Sédaté ou non, puis-je guérir docteur ? Témoignage.
Ce ne sont pas les médicaments qui sont moins sédatifs, mais peut-être les soignants, qui ont perdu leur « savoir y faire avec la folie »…
La sédation doit rester un effet secondaire, recherché dans un nombre limité de situations cliniques mais également pour des périodes restreintes. On doit la considérer comme un effet indésirable lorsqu’elle est intense et persistante.