Première Journée d’Étude de l’Union Française pour la Musicothérapie (UFM) organisée par la Fédération française des musicothérapeutes (FFM)
Évaluer une pratique, c’est garantir sa pertinence, mesurer son efficacité et favoriser son amélioration continue. En musicothérapie, cette démarche s’est amorcée dès les années 1970 avec les travaux de Jacqueline Verdeau-Paillès, puis enrichie par les recherches en psychologie et, à partir des années 1990, par les neurosciences, qui ont mis en lumière les effets de la musique sur le cerveau.
Plusieurs enjeux s’imposent aujourd’hui : qu’évalue-t-on en musicothérapie ? Avec quels outils ? Quand et comment évaluer ? Comment articuler les intérêts et enjeux de l’évaluation pour le musicothérapeute, pour le patient, pour les prescripteurs ? Dans le processus musicothérapeutique, la musique n’est pas une fin en soi mais un médium relationnel. Le rôle du musicothérapeute — à la fois musicien et thérapeute — est central : il utilise la musique de façon intentionnelle dans une relation thérapeutique individualisée. Dès lors, évaluer les seuls effets de la musique ne suffit pas : l’évaluation de la qualité de l’alliance thérapeutique devient également essentielle pour garantir la pertinence du processus.
Il convient aussi de distinguer l’évaluation en recherche – fondée sur des protocoles scientifiques – et l’évaluation en pratique clinique – ancrée dans le soin au quotidien du musicothérapeute. Bien qu’elles aient des temporalités et des finalités différentes, ces deux approches doivent se nourrir mutuellement pour faire progresser la discipline. Le défi est d’adapter les méthodes de recherche aux contraintes cliniques, tout en rendant la pratique suffisamment rigoureuse pour alimenter la recherche.
Enfin, l’évaluation en musicothérapie sert avant tout le patient, en objectivant son évolution et en ajustant le soin pour améliorer sa qualité de vie. Mais elle répond aussi à des enjeux institutionnels, économiques et de reconnaissance professionnelle, dans un contexte où la musicothérapie reste non réglementée.
L’évaluation pourrait-elle, au-delà de la mesure de l’efficacité, ouvrir la voie à une nouvelle définition de la musicothérapie et du rôle du musicothérapeute ?
Rens. : contact@musicotherapeutes.fr, www.musicotherapeutes.fr









