14 Décembre 2024 - Paris

Les ruses du vivant

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Colloque international organisé par l’université Sorbonne Paris Nord, Laboratoire UTRPP,
l’université Paris Cité, Laboratoires PCPP et CRPMS

Pour demeurer vivante, la psyché est condamnée à ruser entre ses attentes et les contraintes de la réalité, ou ses substituts que sont les exigences morales. D’un côté, elle doit assurer la survie du sujet en lui représentant les nécessités du réel (dont celles de la vie sociale). De l’autre elle doit soutenir son sens du plaisir. Entre les exigences du monde et ceux du désir l’écart est douloureux mais inévitable. Il engendre des tensions qui constamment mettent en péril les équilibres essentiels. Or la liaison doit se maintenir. A tout prix. Fût-ce par la ruse. C’est à ce travail de ruse que s’emploie le vivant.

Aujourd’hui pourtant il semble qu’entre les deux pôles l’écart grandit. Tantôt le désir ou la destructivité surgissent sans limite, tantôt le quotidien morne est maintenu comme il est, tel quel. Et l’on pare au plus pressé pour écarter le pire. Mais dans les deux cas, la recherche d’un lien conflictuel entre le rêve et le réel semble trop coûteuse. On la déserte. Le détour qui ruse avec les pulsions d’amour ou de destruction dans leurs rencontres avec le monde perd sa légitimité. Car quand les interdits, les barrières et les limitations originaires perdent leur poids, et que les traumatismes font rage en tous sens le suspens comme le recours à la voie longue paraît inutile. Du coup, le goût de l’incertitude se perd. Plus de jeu possible. C’est tout l’un ou tout l’autre. Si le monde devient hostile au désir, l’abattement guette. S’il y est complaisant, la décharge brute surgit. Que ce soit celle d’Éros ou de Thanatos.

Toutefois, si l’enfant « appartient » à sa famille, à sa filiation, l’évolution socio-historique de son statut et notamment la convention internationale des droits de l’enfant, promulguée par l’ONU en 1989, le fait également advenir sujet de droit. En France, différentes lois voient le jour et notamment la création de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) et la mise en place du défenseur des enfants. Le principe est, ainsi, de protéger tous les enfants victimes de maltraitances et/ou de négligences, principalement dans les familles. L’Etat s’implique donc désormais pour « l’intérêt de l’enfant », cela induisant une sorte d’« ingérence de l’État » au cœur « des familles » (Ségalen, 2010). Pour l’enfant, les choses ne sont pas simples car il doit, désormais, se débrouiller entre « appartenance » à la famille et « appartenance » à l’Etat. D’autant que ces différentes « appartenances » sont parfois divergentes, voire conflictuelles quand elles ne sont pas perverties par des réalités socio-historiques et culturelles passées et/ou leurs continuités contemporaines. En outre, de nouvelles questions se posent très régulièrement ces dernières années, en lien avec un contexte social, politique et géopolitique particulièrement violent envers les enfants et les adolescents.

PROGRAMME

Rens. : www.utrpp.univ-paris13.fr, organisation-evenements.llshs@univ-paris13.fr