Colloque annuel du département de psychiatrie adulte de l’ASM13
Le déni est un mécanisme courant de défense à l’égard d’une réalité extérieure, il s’agit du refus inconscient de prendre en compte une partie de la réalité, vécue comme inacceptable par l’individu. Il est si répandu qu’il est fréquent d’entendre à propos d’une personne, en dehors de tout contexte médical ou psychiatrique « il/elle est dans le déni » ; en cela il ne saurait être considéré comme pathologique.
Freud a montré qu’à travers les formes de la négation que sont le déni, la dénégation, la perversion, se déployait tout un pan du psychisme, méconnu par la conscience. Dans le travail de la cure, l’analyste explore l’objet du déni, et comment les résistances qu’il suscite modèlent le cadre et la relation thérapeutique, au-delà de toute référence à la morale.
Le déni peut s’exprimer individuellement ou collectivement. Il peut être exprimé par un patient mais aussi par son entourage ne pouvant reconnaitre, partiellement ou totalement, un trouble ou sa gravité. Il serait faux de considérer les soignants comme immunisés contre le déni. Les soignants et en particulier ceux exerçant en psychiatrie peuvent méconnaitre leur violence, notamment à travers la contrainte de soins, résultante d’un « déni des troubles » et justifiant d’une prise en charge imposée.
Le déni peut-il ou doit-il être respecté ? et jusqu’à quel point ? Imposer une vérité, à considérer qu’il n’y en a qu’une, n’irait-il pas à l’encontre de la relation thérapeutique ? Le respect du déni reviendrait il à respecter la vérité du patient, moins angoissante et donc plus tolérable ? Respecter le déni du patient serait respecter son droit de ne pas savoir car il n’est pas question de refuser un savoir disponible à celui qui le demande mais bien de conserver l’espérance.
Cette journée d’échange vise à explorer comment les équipes psychiatriques intègrent le déni dans leur pratique. Plusieurs professionnels partageront leurs expériences et leurs stratégies pour travailler avec ce mécanisme, afin de tenter d’en faire un levier plutôt qu’un frein dans la relation de soin.
Rens. : 01 40 77 43 17, service.psy13@asm13.org , www.asm13.org









