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Les thérapeutes familiaux ont décrit certains modes de fonctionnement repérés dans les familles avec un patient psychotique, mais la psychose n’a pas encore dit son dernier mot. Par ailleurs, ces concepts ne doivent pas faire passer sous silence la souffrance du patient et de son entourage.
Selon Gregory Bateson, notre esprit peut se trouver dissocié lorsqu’il est soumis à des injonctions discordantes dans le champ de notre vie, par exemple familial. Le terme « schizophrénie » traduit bien cette dissociation mentale et affective qui s’observe chez nombre de malades mentaux comme dans leurs liens familiaux.
La technique vivante des entretiens collectifs familio-systémiques repose sur l’expérience positive suivante : l’implication exigée des participants les plus concernés, membres de l’équipe institutionnelle et de la famille, ouvre au patient concerné un champ d’expression qu’il a perdu ou dont on la prive de façon constante.
Qu’en est-il de moi, si mon frère, mon semblable, est malade ? La question n’est pas seulement « j’ai » un frère ou une soeur schizophrène, c’est aussi « je suis » le frère ou la soeur d’une personne schizophrène.
Le travail avec les familles met en jeu, à des niveaux différents, trois systèmes : la famille du patient, les soignants et leur référence à leur propre système familial,et l’institution avec ses mythes et son organisation.
Comment des soignants « cuisinent » avec talent et engagement un « bouillon de culture » propice à une prise en charge qui accueille la psychose en la considérant comme une communication particulière, à l’intérieur d’un système ouvert, la famille.
Restaurer les liens naturels et les valeurs de solidarité du milieu environnant la personne porteuse de symptômes… est à la fois le message de la psychiatrie de secteur et celui de la pensée éco-systémique appliquée au champ de la psychiatrie.
La pratique systémique relève sûrement d’un « certain » état d’esprit, d’un « certain » rapport à l’autre et au soin…
Face à des adolescents en souffrance psychique et à des familles qui ne le sont pas moins, la thérapie familiale peut être un puissant contre poison, notamment contre l’insidiosité du diagnostic de schizophrénie…
Nous assistons au parcours « thérapeutique » de Julie, jeune adolescente de 16 ans, hospitalisée pour des troubles psychotiques. En toile de fond, un contexte familial « étouffant » qui ne considère pas Julie pour ce qu’elle est…