L’adaptation en question(s)
En psychiatrie, le patient est régulièrement jaugé sur sa capacité à s’« adapter ». L’adaptation à l’environnement est certes socialisante, mais quelque chose résiste… Le désir qui, lui, ne s’adapte à rien…
En psychiatrie, le patient est régulièrement jaugé sur sa capacité à s’« adapter ». L’adaptation à l’environnement est certes socialisante, mais quelque chose résiste… Le désir qui, lui, ne s’adapte à rien…
L’accueil est une pratique rigoureuse et difficile qui nécessite de s’interroger sur ce que cela réveille en soi, de penser, de s’ajuster à chaque nouvelle rencontre, de mettre en partage avec les collègues, d’échanger des « savoir-faire ». Ce sont ces échanges aussi qui opèrent comme « contenants » pour les patients qui souffrent de schizophrénie.
Sabri, 17 ans, incarcéré pour un viol commis à l’âge de 14 ans, a connu un parcours parsemé de violences, de rejets et de carences. Face à son immaturité affective et intellectuelle, à son impossibilité de verbaliser et d’élaborer, l’approche corporelle est privilégiée. Récit d’un travail en psychomotricté.
Incarcéré pour des agressions sexuelles, Michel parvient, grâce à un traitement hormonal « qui lui laisse de l’espace », à entamer une psychothérapie. Un parcours de soin qui illustre l’intérêt d’associer ces deux axes thérapeutiques pour permettre au sujet d’accéder à son histoire et d’évoluer.
La prise en charge d’un adolescent « accro » aux conduites à risque ne saurait se satisfaire de seuls recadrages
éducatifs. Ces mises en danger sont souvent des tentatives pour fuir le traumatisme psychique d’un secret de famille.
À quelles conditions un atelier d’art-thérapie devient-il thérapeutique pour les patients ? Dans cet espace d’expression, le matériel, la salle, l’ambiance, la marque de l’animateur… tissent la toile de fond pour soutenir et protéger la créativité.
La schizophrénie impacte lourdement le vécu corporel : angoisse de morcellement, troubles de la régulation
tonique… Un centre de jour a élaboré un atelier pour aider les patients à retrouver une unité psychomotrice.
Au CMP de Guéret, une équipe de psychiatrie mobile a mis en place un atelier peu banal d’art-thérapie pour des patients demandeurs
d’asile et sans domicile fixe. Au fil des séances, des liens se tissent entre les participants, soutenant une renarcissisation.
Avant son départ à la retraite, Jacques, infirmier et art-thérapeute, range l’atelier. Au fil du tri, il revisite sa vie professionnelle et s’interroge : au fond, le soignant en santé mentale n’est peut-être qu’un aiguilleur de mémoire, un dépositaire…
Un groupe de travail, mis en place par l’ARS de Bourgogne, a exploré les points de rupture dans le parcours de vie et de soin des personnes en situation de handicap psychique. Mieux que personne, les « usagers », qui ont
pris activement part à ces travaux, nous éclairent sur leur vécu et leurs besoins.