Infirmière : un accord structurant qui reconnaît les évolutions du métier

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L’Union nationale des caisses d’assurance maladie (Uncam), les trois organisations représentatives des infirmières libérales (la Fédération nationale des infirmiers (FNI), le Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux (SNIIL) et Convergence Infirmière (CI), ont signé l’avenant 11 à la convention nationale des infirmiers. Dans ce cadre les infirmiers en pratique avancée voient également leur rôle renforcé, avec un accès direct élargi, une revalorisation significative de leurs consultations et des modalités de suivi assouplies. Globalement cet accord traduit de manière tangible l’évolution et la reconnaissance du rôle et des compétences des infirmières.

La ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées salue l’aboutissement des négociations conventionnelles entre l’Assurance maladie et les représentants des infirmiers libéraux. Cet accord marque une étape majeure dans la reconnaissance du rôle des infirmiers et dans l’adaptation de notre système de santé aux besoins croissants de la population.

Dans la continuité de la loi du 27 juin 2025 relative à la profession infirmière, cet accord prévoit des avancées concrètes autour de trois priorités : revaloriser le cœur du métier, reconnaître la montée en compétences et améliorer l’accès aux soins sur l’ensemble du territoire.

L’accord acte ainsi une revalorisation progressive des actes techniques (AMI/AMX), avec une hausse globale proche de 10 %, répondant à une attente forte de la profession et contribuant à renforcer l’attractivité de l’exercice libéral, en particulier pour les soins du quotidien.

Il consacre également une évolution importante des compétences infirmières, avec la création de consultations infirmières déployées entre 2026 et 2028, valorisées à 20 euros. Ces nouvelles consultations permettront notamment d’accompagner les patients atteints de maladies chroniques, de sécuriser l’instauration des traitements et de renforcer les actions de prévention. La mise en place de l’infirmier référent viendra compléter cette dynamique en offrant aux patients les plus fragiles un interlocuteur de proximité clairement identifié, en lien avec le médecin traitant.

En matière d’accès aux soins, l’accord facilite l’accès direct aux infirmiers et élargit leur champ d’intervention, notamment pour la prise en charge de certaines plaies, aiguës comme chroniques, avec une valorisation adaptée au niveau de complexité. Il développe également de nouveaux modes d’exercice, en particulier pour les soins non programmés, afin d’apporter des réponses plus rapides et plus adaptées aux besoins des patients, partout sur le territoire (voir encadré).

Un effort particulier est porté sur les situations les plus complexes, avec une évolution du bilan de soins infirmiers (BSI), recentré et mieux valorisé pour les patients les plus dépendants, ainsi que la création de nouveaux actes de surveillance pour mieux couvrir les besoins intermédiaires.

Les infirmiers en pratique avancée voient également leur rôle renforcé, avec un accès direct élargi, une revalorisation significative de leurs consultations et des modalités de suivi assouplies, leur permettant de contribuer davantage à la prise en charge des patients, notamment atteints de pathologies chroniques.

L'Union Nationale des Infirmiers en Pratique Avancée (Unipa) salue "l’adoption d’un modèle construit à partir des retours de nos adhérents. Il permet enfin le remboursement de l’accès direct, reconnaît davantage les spécificités de l’exercice en pratique avancée et introduit une meilleure valorisation des différents modes d’exercice, notamment dans les parcours complexes.
La valorisation de l’accès direct est sensiblement supérieure, mais elle repose sur une succession de trois consultations, là où le parcours orienté atteint un niveau de reconnaissance proche en deux consultations. Cette structuration, plus exigeante en nombre d’actes, ne reflète pas pleinement l’expertise mobilisée dès le premier recours.
L’écart entre la consultation infirmière et celle de pratique avancée demeure fixé à un euro. À ce niveau, il ne traduit ni l’ampleur des compétences mobilisées, ni le niveau de formation, ni les responsabilités exercées, alors même qu’un positionnement médian avait été envisagé.
Cette analyse ne s’inscrit pas dans une logique d’opposition entre professionnels. Elle vise à promouvoir un cadre cohérent et lisible, dans lequel chaque infirmier trouve pleinement sa place, avec une reconnaissance à la hauteur de ses missions.
Désormais, nous attendons, que ce modèle soit éprouvé sur le terrain, avec un objectif clair de viabilité pour l’ensemble des IPA, en particulier en exercice libéral. L’Unipa sera attentive aux premiers retours chiffrés afin d’objectiver les ajustements nécessaires"."

Enfin, l’accord prévoit un encadrement plus équilibré du recours aux remplaçants, afin de garantir la continuité et la qualité des soins, tout en tenant compte des réalités territoriales.

À travers cet accord de près de 500 millions d’euros déployés sur 2026-2029 les pouvoirs publics, en lien avec les représentants des infirmiers, réaffirment leur engagement en faveur d’un système de santé plus accessible, plus coordonné et plus proche des patients, tout en reconnaissant pleinement l’engagement quotidien des infirmiers libéraux.

Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées : « Cette négociation infirmière constitue une nouvelle étape dans la réforme du métier infirmier, en concrétisant la revalorisation des soins réalisés par les infirmiers. Cet accord traduit de manière tangible l’évolution et la reconnaissance de leur rôle et de leurs compétences, partout sur le territoire. Il reste encore beaucoup à faire, mais c’est collectivement que nous relèverons ce défi. Je remercie l’Assurance Maladie et les représentants des infirmiers pour la qualité de ce dialogue conventionnel, exigeant mais indispensable. »

Communique de presse, Ministère de la santé, 31 mars 2026