« Un étau me serre le cœur… »

N° 305 - Mars 2026
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À 30 ans, Albéric n’a pas le souvenir d’un projet qu’il ait mené jusqu’au bout… Angoissé, il s’est autodiagnostiqué un TDAH. Des entretiens infirmiers l’aident à revenir sur son histoire.

Nous recevons Albéric, 30 ans, en entretien médico-infirmier. Il a frappé à la porte du Centre médico-psychologique car il pense présenter un Trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Depuis quelques années, nous observons que la médiatisation de ce trouble et l’apparition sur Internet de pseudo-tests d’autodiagnostic poussent de jeunes adultes en souffrance vers nos consultations.

Un jeune « jamais à sa place »

Albéric évoque une trajectoire émaillée de nombreux projets inachevés. Après plusieurs années dans une prestigieuse école de mode, à Paris, il a interrompu ses études juste avant de décrocher son diplôme. « Je ne me sentais pas à ma place », explique-t-il. Il a ensuite été embauché en contrat à durée déterminé (CDD) dans un grand atelier français de maroquinerie de luxe mais raconte son immense difficulté à rester assis toute la journée à son établi, à reproduire toujours le même modèle au millimètre près. Il rapporte son angoisse de ne pas terminer à temps le nombre de pièces demandées ; sa lassitude, son ennui, son agacement vis-à-vis des problèmes d’équipe, comme si l’agressivité des uns et des autres venait l’attaquer violemment. Le jeune homme a fini par abandonner ce poste, dont il avait pourtant rêvé, bien avant la fin de son contrat. Dans une autre entreprise de mode, il n’a pas davantage trouvé sa place et est parti après quelques mois, avec un grand sentiment d’échec personnel.

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