Dans le soin, l’intime constitue une modalité relationnelle à soi et à l’autre vulnérable, pour une approche sensible du sujet. Marie-Claire Guerin-Lacroute*, gériatre, en explore les différentes dimensions dans un ouvrage L’intime, ressource du soin, publié aux éditions Érès. Entretien.
• Comment définissez-vous la notion d’intime dans le contexte du soin ?
L’intime est une modalité relationnelle, à soi-même et aux autres. De prime abord, on a tendance à penser l’intime comme ce qui nous est le plus privé, le plus exclusif car le plus constitutionnel de nous-mêmes. D’un autre côté, on qualifie d’intime ce lien qui nous relie à ceux avec qui nous avons partagé des moments singuliers, des moments où nous nous sommes vraiment sentis nous-même car notre for intérieur s’est révélé et exprimé. L’intime est l’un et l’autre, et même l’un via l’autre : ce qui chez moi me constitue essentiellement mais ne peut m’être révélé et s’exprimer que grâce à la rencontre avec l’autre.
Le soin nous place très souvent sur le seuil de l’intime, mais il advient alors entre deux personnes parfaitement étrangères l’une à l’autre. Qui plus est, ces deux personnes sont en présence parce qu’une menace pèse sur l’une et engage l’autre. L’intime dans le soin a donc des particularités que je développe dans cet ouvrage.
Un chapitre est par ailleurs consacré à la différence entre intime et intimité. Les distinguer est important. Cela permet d’éviter des malentendus entre ce qui dans une relation de soin est attendu, prescriptible et relève d’une obligation déontologique (le respect de l’intimité) et de l’autre ce qui est imprescriptible, n’advient pas nécessairement, et, si c’est le cas, toujours de façon imprévisible.
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