Près d’une personne sur deux qui a souffert de difficultés psychologiques, en particulier les hommes, ou encore celles issues de milieux ouvriers et ruraux, n’en parlent ni à leur entourage ni à un professionnel de santé, selon une étude publiée par Santé publique France (SpF).
La santé mentale reste trop tabou. C’est le constat tiré des derniers résultats de l’enquête CoviPrev lancée en 2020 et publiée mardi 24 mars par Santé publique France (SpF). Cette étude a sondé en 2022 et 2023, 2 919 personnes sur un total de 8 010 individus interrogés ayant déclaré avoir ressenti un mal-être ou des difficultés psychologiques sur les douze derniers mois. Elle met en avant que 49% des personnes interrogées, soit près d’une sur deux, ont déclaré n’en avoir « parlé à personne, ni à leur entourage ni auprès de professionnels de santé ».
Près d’une personne sur deux n’exprime pas son mal-être
Parmi ceux qui ont le moins exprimé leur mal-être, on retrouve d’abord les hommes âgés de plus de 65 ans (41%), les personnes présentant un état dépressif (44%), celles vivant en milieu rural (47%) et les ouvriers (46%). Les personnes de l’autre moitié de l’échantillon (51%), s’étaient au contraire confiées à un professionnel de santé ou de santé mentale (pour 29% d’entre elles), un membre de leur famille (25%), un(e) ami(e) 19%, un(e) collègue de travail (7%) ou des canaux de communication divers : ligne d’écoute téléphonique, réseaux sociaux, association…(9%). Enfin, les individus qui sont parvenus à s’exprimer sur leurs difficultés psychiques étaient bien plus nombreux parmi les cadres et professions intellectuelles supérieures (59%), les personnes se percevant en bonne situation financière (54%), les jeunes de moins de 35 ans (57%), les femmes (53%), les personnes en emploi (53%).
« Réduire la stigmatisation »
Ces résultats montrent « l’importance de déployer des actions pour faciliter la parole autour de la souffrance psychique et réduire la stigmatisation », avec une « attention particulière » pour les personnes « ayant le moins tendance à s’exprimer à ce sujet », soulignent les auteurs de l’étude. « La pandémie de Covid-19 a fortement altéré la santé mentale des populations à l’échelle mondiale », rappellent-ils.
La pandémie de Covid-19 a fortement altéré la santé mentale des populations à l’échelle mondiale, rappelle Santé publique France. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), une augmentation d’environ 25% des troubles anxieux et dépressifs a été observée, avec une hausse particulièrement marquée chez les femmes et les jeunes 2,3. En France, les données du Baromètre de Santé publique France font aussi état d’une détérioration de la santé mentale de la population ces dernières années. Chez les adultes de 18 à 75 ans, la prévalence des épisodes dépressifs caractérisés survenus au cours de l’année est passée de 9,8% en 2017 à 13,3% en 2021. Les 18-24 ans sont particulièrement concernés avec une prévalence des épisodes dépressifs qui a presque doublé (de 11,7% en 2017 à 20,8% en 2021), accompagnée d’une hausse des pensées suicidaires déclarées pour l’année écoulée et des tentatives de suicide déclarées au cours de leur vie.
Pour en savoir plus :
Parler de son mal-être ou de ses difficultés psychologiques : résultats de l’enquête CoviPrev, mai 2022-septembre 2023. Bulletin épidémiologique hebdomadaire, 24 mars 2026, n°8.










