Une recherche ethnographique explore les interventions policières auprès des personnes en état mental perturbé en Suisse. Elle met en lumière la complexité des interactions et pointe comment les catégorisations opérées par les policiers jouent un rôle décisif dans la suite donnée aux sollicitations.
Madame M. se présente au guichet d’un poste de police suisse. La sexagénaire fait part à la réceptionniste, une employée civile, de sa volonté de dénoncer un harcèlement sexuel. Elle précise qu’en raison d’un rendez-vous médical, elle a peu de temps. Selon la main courante de police qui en résultera, des ouvriers alcoolisés, en vêtements de travail, se sont rendus à la porte de son domicile et « ont tenu des propos sur son physique, mentionnant par exemple “pour ton âge t’es pas mal” ; l’un d’eux lui aurait touché la main ». Mme M. pense que son voisin est à l’origine de ces agissements et qu’il aurait « envoyé des collègues (…) pour l’embêter ».
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