Petits Frères des Pauvres dénoncent « ces drames de la solitude »

FacebookXBlueskyLinkedInEmail

Retrouvées mortes seules chez elles des semaines, des mois ou des années après leur décès, des personnes âgées ont été une dizaine à mourir dans la plus grande solitude cette année. Les Petits Frères des Pauvres, en l’absence de statistiques officielles, recensent les « morts solitaires » médiatisées et alertent sur ce phénomène dramatique.

« Encore un drame de la solitude », c’est souvent par cette dénomination qu’est désigné dans la rubrique faits divers des journaux le décès d’une personne âgée morte seule chez elle et retrouvée longtemps après… En l’absence de statistiques publiques, les Petits Frères des Pauvres ont décidé de recenser eux-mêmes les cas médiatisés de « morts solitaires ». Au total en 2022, on dénombre une dizaine de personnes âgées retrouvées mortes à leur domicile plusieurs semaines, mois, voire années après leur décès. La dernière en date, une femme de 75 ans, a été retrouvée morte dans son appartement 3 ans après son décès le 31 décembre 2022. Parmi elles, on compte donc cette année 14 personnes âgées de 62 à 93 ans dont huit hommes. Elles ont été retrouvées entre 15 jours et trois ans après leur décès. 11 vivaient en appartement. Dans la plupart des cas, il s’agissait de personnes âgées qui n’étaient pas ou peu identifiées par les services sociaux, de personnes en rupture qui pouvaient refuser de l’aide, avec des parcours de vie complexes semés d’embûches et de fragilités.

Si une dizaine de cas a été médiatisée, l’association redoute que la réalité soit bien plus alarmante. On ne peut plus se contenter de l’émotion suscitée par un tel drame. Pouvons-nous continuer à être les lecteurs passifs de quelques lignes qui confessent toute l’inhumanité qu’endurent nos aînés les plus isolés et les plus démunis ? Terribles révélateurs de l’appauvrissement des liens sociaux, ces morts solitaires viennent questionner notre vivre-ensemble, la fraternité que nous appelons de nos vœux et interrogent également nos politiques à l’égard des personnes âgées et nos institutions. Il est urgent de mettre en place des solutions pour maintenir ou restaurer le lien social avec les aînés les plus isolés et prévenir ces morts indignes, solitaires et invisibles.

La mort solitaire, conséquence extrême de l’isolement

Pour les Petits Frères des Pauvres, ces morts solitaires et invisibles sont le témoin de l’isolement le plus extrême. Sans liens avec leur famille, amis, tissu associatif ou le voisinage, ces personnes âgées sont en situation de « mort sociale » et meurent seules…  Alors que la réalité est probablement sous-estimée, notre Association estime qu’il est urgent de mettre en place des solutions pour maintenir ou restaurer le lien social avec les aînés les plus isolés et prévenir ces morts indignes

Chaque citoyen, en tant que voisin, peut veiller aux aînés dans son immeuble ou dans son quartier : voici 4 bons gestes pour éviter un drame :
– Connaître ses voisins
– Prendre des nouvelles
– Envoyer un mot
– Laisser un indice sous la porte
Quant aux pouvoirs publics, professionnels du social et du médico-social mais aussi tous ceux qui sont en mesure de repérer ces situations extrêmes d’isolement, bailleurs, commerçants, artisans, associations au sein de leurs quartiers, une meilleure coordination de ces acteurs serait appréciable. 

A lire
• Morts solitaires de personnes âgées – Petits Frères des Pauvres – Communiqué de presse – 16 janvier 2023.
Personnes âgées mortes dans l’indifférence : 4 bons gestes pour éviter un drame
• Baromètre Solitude et Isolement : quand on a plus de 60 ans en France en 2021. Rapport Petits Frères des Pauvres #6 – septembre 2021.