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La revue

Caroline Veith

Née au Havre en 1958, Caroline Veith grandit à Paris et sa banlieue, une géographie urbaine qui la marque profondément. De nombreux dessins évoquent en effet le grouillement de la ville, le frottement des citadins, la foule, en même temps qu’une forme de sauvagerie et de solitude.

Cette artiste engagée, que nous découvrons dans le numéro Hors série Spécial formation 2018-19, puise l’inspiration dans l’actualité et le quotidien. Observant ses contemporains, elle surprend des conversations, des petites phrases, des émotions, qui vont resurgir dans ses compositions étranges, un peu abstraites et qui pourtant racontent des histoires, évoquent avec force l’humain, ses inquiétudes et ses faiblesses, sa révolte et son énergie. «J’aime regarder les gens, les choses, la comédie humaine se faire et se défaire…»

Pour Caroline Veith, une nouvelle œuvre démarre souvent par un trait fin, à l’encre de Chine, sur un papier-calque : «Je déroule un fil, doucement, c’est comme glisser sur la glace. À ce moment-là, j’ai le sentiment d’être dans l’abstraction, comme si je construisais un labyrinthe.» Petit à petit, la couleur surgit, crayons de couleur, pigments acryliques, feutres, viennent marquer d’autres espaces, former un visage, une fleur. Le spectateur remonte le fil et déchiffre plusieurs couches : «Ce sont les strates de la mémoire, de l’inconscient. Nous sommes tous composés de  multiples histoires et de souvenirs.»

Si ces dessins enchevêtrés peuvent ainsi paraître de prime abord souvent joyeux, drôles, rien n’est jamais simple dans cet univers foisonnant. Ainsi le loup qui surgit souvent dans ses travaux récents évoque le prédateur. Beau, flamboyant, puissant, c’est le danger qui rôde… et questionne notre humanité.

 


< Cécile Duchêne
Lucien Ruimy >