Colloque de l’Association internationale de psychosomatique
Le surmoi est l’une des trois instances qui composent la personnalité psychique. Le ça, le moi et le surmoi constituent ce qu’on appelle la seconde topique.
Le surmoi naît par une opération fondatrice de clivage à l’intérieur du moi et conservera toute la vie des relations intimes avec le moi et son organisation. Il représente l’intériorisation de l’autorité parentale et la forme qu’il acquiert dans la structure et le fonctionnement de l’appareil psychique dépend intimement du destin du complexe d’Œdipe dont il est son héritier. Sa formation est le résultat de tout un échafaudage d’identifications historiques, des plus archaïques aux plus évoluées, comprenant une identification première au père de la préhistoire personnelle, une identification orale cannibalique aux objets primaires et des identifications secondaires aux objets œdipiens. Dans sa forme achevée, il représente le deuil des investissements œdipiens et assure deux fonctions majeures, l’une de protection et d’ordonnancement des processus psychiques, l’autre d’interdiction et de punition.
Qu’en est-il des destins du surmoi dans la maladie somatique ? Nous savons que le surmoi plonge ses racines profondément dans le ça et que, par son intermédiaire, il exerce une action inconsciente sur le soma. Par ailleurs, la valeur fonctionnelle du surmoi varie parallèlement à celle du moi au sein de l’appareil psychique. Le surmoi peut régresser et le masochisme moral en est un exemple, par son mouvement de retour, de la morale à l’Œdipe resexualisé. C’est dans ce cadre que le sentiment inconscient de culpabilité ou besoin de punition cherche sa satisfaction par le biais de solutions comportementales ou somatiques.
Mais le surmoi peut aussi se montrer défaillant, soit en raison d’altérations du développement psychique, soit en raison d’un processus de désorganisation. Dans la clinique des états de désorganisation, Marty a souligné l’effacement du sentiment de culpabilité conscient qui accompagne le morcellement du moi et de son organisation.
Quelle forme prend le surmoi dans ces états de désorganisation et de vie opératoire ? Quelles conséquences découlent de la désorganisation de la fonction surmoïque pour le destin des pulsions de destruction ? La somatisation représente-t-elle, économiquement, un mode supplétif de canalisation de l’autodestruction en l’absence d’un surmoi fonctionnel ? Une fois constituée, la maladie somatique ne se voit-elle pas attribuer des significations dévolues au surmoi telle la recherche d’une punition ?
Une dernière question mérite d’être débattue, celle de l’hypothèse d’un surmoi psychosomatique.
Rens. : aippmarty@gmail.com, www.asm13.org









