Le Congrès International d’Addictologie de l’ALBATROS fête ses 20 ans en 2026 !
Il y a vingt ans, je participais en Arizona, à un congrès d’addictologie qui allait devenir pour tout addictologue un rendez-vous incontournable : le CPDD. Ce fut une véritable révélation – qualité des échanges, simplicité des contacts, ambiance stimulante et accessible. De retour à Paris, il n’a pas fallu beaucoup de persuasion pour convaincre Michel Reynaud. Ainsi est né le congrès de l’ALBATROS… et pris son envol.
Depuis, le panorama des conduites addictives a évolué de manière contrastée. À l’échelle mondiale, plusieurs centaines de millions de personnes consomment des substances psychoactives, responsables de dizaines de milliers de décès et de millions d’années de vie en bonne santé perdues. Le continuum entre usage, usage nocif et trouble lié à l’usage a renforcé les approches intégrées, combinant prévention, réduction des risques et soins spécialisés.
En Europe, la dernière décennie a été marquée par une diversification des produits circulant sur le marché illicite et par l’apparition de nouvelles substances psychoactives. Près d’un millier de ces NPS sont aujourd’hui suivies, et de nouvelles variantes apparaissent chaque année, ce qui complexifie la surveillance et la réponse sanitaire. Les politiques de réduction des risques – accès aux substituts opiacés, salles de consommation supervisée, distribution de naloxone – ont progressé, même si la situation reste hétérogène.
En France, les enquêtes montrent une baisse du tabagisme et de la consommation excessive d’alcool chez les jeunes, mais ces substances restent responsables d’une morbidité et d’une mortalité élevées. Les inégalités sociales dans l’exposition aux conduites addictives demeurent significatives. Certaines addictions comportementales, comme le jeu en ligne ou l’usage problématique des écrans, mobilisent aussi chercheurs et décideurs.
Les vingt dernières années ont transformé l’addictologie : meilleures données épidémiologiques, diversification des substances et comportements à risque, progrès cliniques réels mais limités, et bascule progressive vers des politiques de santé publique intégrées.
Le défi pour l’avenir sera d’articuler prévention, régulation et accès aux soins, tout en s’adaptant à des marchés et technologies en mutation rapide. L’addictologie de demain sera probablement moins centrée sur l’abstinence que sur la régulation, l’accompagnement individualisé et la réduction des risques, intégrés dans une santé mentale globale. Elle devra rester éthique, sociale et politique, soigner les liens, réparer les contextes et lutter contre les inégalités.
Cette édition très spéciale de l’ALBATROS relie l’héritage des vingt ans au futur.
Venez nombreux !
Pr Amine BENYAMINA
Président de l’ALBATROS
Rens. : info@katanasante.com, congresalbatros.org









