Violences conjugales : seules 5% des femmes questionnées par leur médecin

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En 2025, seulement 5% des femmes disent avoir été questionnées par un médecin généraliste sur d’éventuelles violences conjugales lors d’une consultation, selon une étude publiée jeudi 5 mars par la Haute autorité de santé (HAS). Cette dernière recommande pourtant à ces professionnels de santé de premier recours dinterroger systématiquement leurs patientes.

Dans une recommandation de novembre 2023, la HAS appelait les médecins à « se saisir pleinement du sujet des violences conjugales », notamment en interrogeant systématiquement leurs patientes sur ce sujet. Pourtant, d’après un récent baromètre de la Haute autorité de santé, la progression du repérage des violences faites aux femmes en médecine générale « progresse, mais de manière encore lente ». La HAS a réalisé un sondage en ligne auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 femmes fin 2025, dont 876 avaient consulté un généraliste dans les 18 derniers mois (dans 8 cas sur 10 leur médecin habituel).

D’après ce baromètre, « une femme sur 20 (5%) seulement déclare avoir été interrogée à ce sujet lors d’une consultation récente, contre une sur 33 (3%) en 2022 », des chiffres qui marquent donc une progression très lente. Environ 17% des femmes se souviennent avoir été questionnées sur la relation avec leur partenaire, contre 14% trois ans auparavant. Parmi les 876 femmes reçues en consultation, une sur cinq dit subir ou avoir subi des violences (verbales, psychologiques, sexuelles, etc.) de la part de son partenaire, dont 21% assurent en avoir parlé spontanément au médecin. 39% des victimes déclarent n’avoir rien dit, alors qu’elles l’auraient fait si le médecin les avait questionnées, et 35% pensent « ne jamais lui en parler« . Toujours d’après cette enquête et à titre de comparaison, « 26% des femmes ont été questionnées sur leur consommation d’alcool, 37% d’entre elles sur leur consommation de tabac et 61% sur leur activité physique », précise la HAS. Par ailleurs, 28% des femmes se souviennent avoir vu de la documentation sur ce sujet dans le cabinet médical.

Normaliser le sujet pour inciter les femmes à parler

Depuis 2019, la HAS recommande aux professionnels de santé de premier recours (généralistes, gynécologues, pédiatres, urgentistes, sage-femmes…) de demander à toutes leurs patientes « si elles subissent ou ont subi des violences », même en l’absence de signes d’alerte, afin de faciliter la parole des victimes en normalisant le sujet.

Le médecin est « un interlocuteur de confiance », estime la Haute autorité: « l’ écrasante majorité des femmes se sentent à l’aise » avec leur généraliste (93%, dont 54% disent être « tout à fait à l’aise » et 39% « plutôt à l’aise »). « Améliorer le repérage des violences permettrait de mieux prendre en charge 2,5 fois plus » de victimes. Cette démarche de questionnement est d’ailleurs « largement plébiscitée », observe-t-elle : 97% des interrogées y voient une « bonne chose » et l’adhésion est « quasi unanime, quels que soient l’âge, la situation ou le profil des répondantes ».

La HAS a mis en place un baromètre pour suivre l’évolution des pratiques des médecins généralistes, en interrogeant les femmes pour savoir si le sujet est abordé en consultation. Ces baromètres réalisés en 2022en 2023 et en 2025 ont mis en évidence que le questionnement par le médecin généraliste est très bien perçu par les femmes, bien qu’il soit encore peu mis en œuvre.
Source : la Haute autorité de santé.