Sommeil : les Français dorment moins et moins bien 

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Les Français connaissent des nuits perturbées selon une enquête Opinionway pour l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV). Les atteintes au sommeil, qui accroissent les risques pour la santé, touchent davantage les femmes, les jeunes ou les foyers précaires. 

Les Français dorment trop peu et moins bien qu’il y a quelques années. Diffusée quelques jours avant la 26e Journée du sommeil, vendredi 13 mars, une nouvelle enquête signée Opinionway pour l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV)* auprès d’un millier d’adultes de 18-65 ans réalisée en ligne du 4 au 16 décembre 2025, donne une vision d’ensemble de l’état du sommeil des Français.  

Nuits courtes, risques augmentés

En moyenne, les Français dorment 6h50 la semaine et les jours travaillés, soit 14 minutes de moins qu’un an auparavant, et 7h48 le week-end et les jours de congé, soit au contraire, 10 minutes supplémentaires.

Un quart des Français dort même moins de 6h par nuit en semaine, avec des risques accrus pour la santé physique et mentale : maladies cardiovasculaires, obésité, diabète, cancer, troubles de l’humeur, d’anxiété, de dépression, etc, selon les spécialistes.

D’après cette enquête, au réveil, il reste de la fatigue pour près la moitié des personnes interrogées. Plus d’un tiers des Français (38%) signale aussi des troubles du sommeil, à commencer par les insomnies. Un sommeil dégradé accroît également les risques d’accidents (de la route, du travail…). Or, plus d’un tiers des Français (35%) souffre d’hypersomnolence, et un quart d’entre eux rapporte au moins un épisode de somnolence au volant dans l’année écoulée qui les a forcés à s’arrêter.

Horloge biologique perturbée

Parmi les principaux perturbateurs : le manque de lumière naturelle est pointé du doigt, premier synchroniseur de l’horloge biologique et alors que 71% des Français passent moins d’une heure par jour à l’extérieur en semaine. La nuit, près d’un Français sur trois est aussi exposé à une lumière artificielle excessive, venant du domicile ou de l’extérieur, ce qui contrarie la sécrétion de mélatonine. La présence d’écrans est aussi perturbatrice : plus de la moitié des Français interrogés (et les trois quarts des 25-34 ans) dorment avec leur portable allumé, près d’un tiers avec un appareil électronique en marche. Le bruit, surtout extérieur, arrive en tête des nuisances pour plus d’un tiers des Français. Enfin, la chaleur dérange également de plus en plus :  81% des Français disent que les fortes chaleurs ont affecté leur sommeil. Quant au travail de nuit, en horaires irréguliers ou décalés, il entraîne davantage de troubles du sommeil et de répercussions sanitaires. « Nos rythmes circadiens individuels sont fortement influencés par nos rythmes sociaux et nos environnements. Nombre de nos habitudes perturbent le sommeil, via le mauvais réglage de notre horloge biologique », alerte le docteur Claude Gronfier, directeur de recherche à l’insert, spécialiste des rythmes biologiques et du sommeil.

Les femmes, les jeunes, et les précaires, plus concernés

Tout le monde n’est pas égal face au sommeil. Si la génétique explique que l’on soit plus « du matin » ou « du soir », d’autres facteurs entrent en ligne de compte, et notamment les inégalités sociales et territoriales. « Les plus précaires, les femmes et les jeunes adultes » sont ainsi plus nombreux parmi les travailleurs de nuit ou en horaires irréguliers/décalés, observe l’INSV. Les personnes qui vivent en ville, surtout les 18-24 ans et les Franciliens, se disent plus exposées aux nuisances sonores ou à la canicule. Et « les foyers justes financièrement cumulent souvent pathologies chroniques, santé mentale plus fragile, insécurité et sommeil de moins bonne qualité », selon l’institut. Chez les femmes, le sommeil apparaît moindre en quantité et en qualité que chez les hommes, essentiellement dû aux variations hormonales, à la charge mentale, ou encore à une plus grande exposition à l’anxiété et à la dépression. 

* et la fondation Vinci Autoroutes.

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