L’accès aux soins continue de se dégrader, déplore la FHF

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73% des Français disent avoir renoncé à au moins un acte de soins ces cinq dernières années, regrette la Fédération hospitalière de France (FHF), qui regroupe les hôpitaux publics du territoire, appelant les candidats à l’élection présidentielle à se saisir de ce thème « crucial ».

« L’accès aux soins continue de se dégrader » en France. C’est le constat du dernier baromètre FHF x Ipsos, publié mardi 17 mars, qui pointe des conséquences alarmantes : cette situation conduit un nombre croissant de Français à renoncer à se soigner et fait peser une pression toujours plus forte sur les urgences publiques. Selon ce sondage Ipsos pour la FHF (sur un échantillon représentatif de 2.500 personnes, en ligne) le temps d’obtention d’un rendez-vous médical s’allonge. Les Français déclarent avoir attendu 12 jours en moyenne pour voir un généraliste contre quatre jours en 2019. Ils ont patienté trois semaines et deux jours pour voir un pédiatre, contre deux semaines et quatre jours en 2019. Chez le cardiologue, ce délai déclaré a presque triplé (il faut désormais attendre trois mois et deux jours contre un mois et trois semaines en 2019) et doublé chez le dermatologue ( quatre mois et deux semaines d’attente aujourd’hui, contre deux mois et deux jours à l’époque).

Les Français s’éloignent des soins

73% des Français disent avoir renoncé « à au moins un acte de soin » (consultation, analyses..) dans les cinq dernières années en raison de délais trop longs ou de difficultés d’accessibilité, géographique ou budgétaires. C’est 10 points de plus qu’en 2024 (63%). La situation des hôpitaux atteint également la confiance des Français : 63% d’entre eux avouent en effet avoir « peur de devoir être hospitalisés au vu de la situation actuelle des hôpitaux ». Près d’un français sur deux (49%) déclare aussi s’être déjà rendu aux urgences pour autre chose qu’une « urgence médicale ». A noter que la situation est particulièrement critique dans les régions Centre-Val-de-Loire, Bourgogne-France-Comté ou Pays-de-la-Loire. Le déficit des hôpitaux publics est toujours très préoccupant. Il atteignait 2,5 milliards d’euros fin 2025 et même 2,7 milliards en incluant les Ehpad (2,9 milliard au total en 2024).

Sursaut politique 

« Les Français attendent légitimement un sursaut politique : il y a urgence à agir pour la santé ! », a réagi Zaynab Riet, déléguée générale de la FHF. « Le message envoyé par les Français est très clair : 90 % d’entre eux se disent en colère face au manque de moyens de l’hôpital public, et autant craignent une dégradation majeure si des investissements ne sont pas réalisés rapidement. Et, en l’état, 7 Français sur 10 craignent de ne pas pouvoir accéder à des soins de qualité en cas de besoin urgent. Une telle situation est absolument inacceptable ». Elle appelle de ses voeux une loi de programmation en santé, sur le modèle de la défense ou de la justice, pour donner de la visibilité et de la stabilité au système dans son ensemble », « une loi de programmation sur le grand âge, indispensable pour adapter notre société au vieillissement qui arrive » et « une mobilisation forte sur des enjeux majeurs comme la santé des femmes et la psychiatrie, nécessaire pour répondre aux besoins les plus criants et aux impensés qui continuent de fragiliser certaines populations ». 

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