Alors qu’une majorité de grossesses sont « physiologiques », c’est-à-dire sans pathologie, la périnatalité ne doit pas être structurée « uniquement » autour des « situations très complexes », plaide le Collège national des sage-femmes, qui propose « trois parcours » (bas risque, à risque et pathologique) de suivi adaptés au niveau de risques.
Face à une mortalité infantile croissante en France*, le gouvernement a récemment demandé à des experts de lui faire des recommandations d’ici juin. Mardi 17 mars, le Collège national des sage-femmes (CNSF) a publié son rapport. Aujourd’hui, « un couple peut consulter une sage-femme, un gynécologue-obstétricien ou un médecin généraliste », mais il est fréquent « que des sages-femmes suivent des grossesses pathologiques et des gynécologues-obstétriciens des grossesses physiologiques », note le CNSF, qui préconise des rôles mieux identifiés, correspondant « aux compétences de chacun ».
Prise en charge adaptée
Environ « 80% des grossesses relèvent du bas risque », observe le CNSF. Dans son rapport, il propose donc de créer trois parcours distincts : « Bas risque, à risque et pathologique ». Le suivi du bas-risque, qui reste à définir, serait assuré principalement par des sage-femmes dans une « offre diversifiée de lieux de naissance » (maternités, maisons de naissance ou domicile), suggère le collège. Les deux autres niveaux de risque « impliquent une prise en charge spécifique » en « équipes pluridisciplinaires » (gynécologues-obstétriciens, pédiatres, anesthésistes-réanimateurs, etc) selon lui.
Le collège national des sage-femmes recommande également « d’aménager des espaces dédiés » au bas-risque et renforcer les effectifs de sages-femmes et auxiliaires de puériculture dans les maternités à fort volume de naissances pour « éviter une surmédicalisation des accouchements » ne la nécessitant pas.
Sur le plan de la prévention, le CNSF suggère de rendre obligatoire en début de grossesse le « bilan prénatal » et la « désignation d’une sage-femme référente ». Il plaide également pour la systématisation de la consultation préconceptionnelle, qui reste mal connue et donc trop peu réalisée. Il appelle aussi à « renforcer la place du coparent », en permettant notamment au futur père « de s’absenter pour l’ensemble des examens médicaux obligatoires du suivi », et en favorisant son accueil par l’aménageant des chambres de maternité.
Le suivi postnatal doit aussi être plus étroit pour « la mère et le soutien à la parentalité », et couvrir « au moins les six premiers mois de l’enfant ». Il appelle enfin à des revalorisations salariales, notamment pour les unités chargées des urgences obstétricales ou les actes techniques d’accouchement, et à faciliter « l’accès à une activité mixte ville-hôpital » aux sage-femmes.
*La France est l’un des pays de l’Union européenne les plus touchés par la mortalité infantile, alors qu’elle était parmi les mieux classés dans les années 1990. Entre 2011 et 2024, la mortalité infantile est passée de 3,5 décès pour 1 000 enfants à 4,1, selon l’Insee. Et cette hausse est essentiellement due aux décès de bébés dans leur premier mois de vie.
Rapport de recommandations concrètes pour une réforme attendue, Collège National des Sages-Femmes.










