Médecine préventive, mode de vie, recherche en géroscience… Dans un rapport, l’Académie nationale de médecine fait le point sur les avancées et les données pour permettre à chacun de vieillir en bonne santé. L’instance recommande notamment qu’un bilan « longévité en bonne santé » soit proposé à partir de 50 ans.
Nous passerons en moyenne près de 30 % de notre vie après 60 ans. Cet allongement de l’espérance de vie constitue une opportunité majeure, à condition qu’il ne soit pas associé à la dépendance. La géroscience (voir encadré) ouvre de nouvelles perspectives pour promouvoir le vieillissement en bonne santé. L’objectif de ce rapport de l’Académie nationale de médecine (ANM) est de définir les fondements d’une approche clinique de la longévité en déterminant ce qu’il est nécessaire et raisonnable de proposer afin de favoriser un vieillissement en bonne santé selon la définition de l’OMS (c’est-à-dire pouvoir continuer à faire ce qui est important pour chacun d’entre nous).
Ce modèle clinique de la longévité en bonne santé repose sur les 3 recommandations suivantes :
- Maintenir la capacité intrinsèque et les fonctions (en lien avec les recommandations de l’OMS),
- Mettre en place une couverture vaccinale optimale, évaluer les risques et proposer un
diagnostic précoce des principales pathologies liées à l’âge (cardiovasculaires, métaboliques,
cancers, neurodégénératives…) en adéquation avec les recommandations des sociétés savantes, de
l’ANM et de la Haute autorité de santé (HAS). - Développer la recherche en géroscience (mesure de l’âge biologique et nouvelles
thérapies). L’objectif est de favoriser la recherche clinique et d’implémenter dans la pratique les
avancées de la géroscience quand elles seront validées (ce qui n’est pas encore le cas de nos jours).
Un bilan « longévité en bonne santé » à partir de 50 ans
L’Académie nationale de médecine recommande qu’un bilan « longévité en bonne santé », soit proposé dès 50 ans à partir de ce qui parait nécessaire et raisonnable pour promouvoir un vieillissement en bonne santé. Il repose sur une approche à la fois clinique et fonctionnelle, à l’écoute des progrès de la recherche en géroscience. Ce bilan doit être précédé d’un auto-questionnaire de santé et de l’étape 1 du programme ICOPE (Le programme ICOPE (Integrated Care for Older People) « soins intégrés pour les personnes âgées » est un programme de prévention de la dépendance élaboré par l’OMS.).
- Ce bilan priorise une approche fonctionnelle reposant sur évaluation et le maintien de la capacité intrinsèque (vision, audition, cognition, thymie, vitalité, performances fonctionnelles) telles que recommandées par exemple dans le programme ICOPE de l’OMS.
- Ce bilan permet, en adéquation avec les recommandations des sociétés savantes, de l’ANM et de l’HAS, une évaluation et une prévention du risque des principales pathologies liées à l’âge, en insistant notamment sur l’optimisation de la couverture vaccinale.
- Ce bilan devra intégrer les innovations diagnostiques et thérapeutiques de la géroscience une fois leur intérêt démontré dans le cadre d’études prospectives. Il est ainsi nécessaire d’encourager la recherche dans le domaine de la géroscience développer des études d’impact et de prévention sur la longévité en santé. Il est nécessaire de rappeler qu’à ce stade des connaissances on ne peut pas recommander de mesure de l’âge biologique, ni le recours à des géroprotecteurs en pratique clinique. Il est conseillé de privilégier les mesures d’hygiène de vie (exercice physique, nutrition, sommeil, lien social). Des progrès significatifs devraient voir le jour dans un avenir proche avec la géroscience qui pourront être validés dans les cliniques universitaires de la longévité en santé entrainant des mises à jour futures de ce rapport.
La géroscience vise à comprendre la relation entre la biologie du vieillissement et les maladies associées à l'âge. Le postulat de base repose sur l’hypothèse qu’une intervention sur les processus biologiques de vieillissement pourrait retarder l'apparition ou la sévérité de certaines pathologies associées à l’âge et le déclin de la capacité intrinsèque. Cette recherche en plein essor conduit à l'identification de nouveaux biomarqueurs (cliniques, biologiques, digitaux) complémentaires des outils biologiques conventionnels, et susceptibles de définir un « bio phénotype », miroir du phénotype clinique. L’idée sous-jacente est que ces biomarqueurs précèdent l’expression clinique des maladies du vieillissement et qu’ils permettent d’envisager des actions de prévention ciblées avant que ces pathologies n’apparaissent.
La géroscience ouvre des perspectives diagnostiques et thérapeutiques majeures. Cette approche n'est toutefois pas sans limite. Bon nombre d’outils reposent sur une recherche émergente et leur intérêt en complément d’une approche clinico-biologique classique devra être préalablement démontré dans le cadre essais cliniques dédiés. En outre, les coûts de ces nouveaux biomarqueurs et de ces nouvelles stratégies thérapeutiques devront être considérés.
En savoir plus :
Approche clinique de la longévité en bonne santé, rapport de l’Académie nationale de médecine, janvier 2026.











