Face aux scarifications, la fonction thérapeutique repose en partie sur la capacité des soignants à se montrer suffisamment défaillants et à le supporter. Cette aptitude aide l’adolescent à mieux tolérer sa propre impuissance face au monde qui l’entoure et à son corps en transformation.
Une mère s’effondre en pleurs et se sent « anéantie » par les scarifications de sa fille. Une psychiatre ressent les entailles de ses patients comme une blessure « dans sa propre chair », un infirmier recoud des plaies de scarifications sans anesthésie pour dissuader une adolescente de recommencer… Environ 1 adolescent sur 6 s’est déjà scarifié d’après les dernières statistiques (1) et le nombre d’adolescents hospitalisés en France pour « geste auto-infligé » a augmenté de 69 % entre 2019 et 2024 (2). Face à ceux qui se coupent régulièrement et volontairement la peau, les soignants oscillent souvent entre impuissance, culpabilité et colère.
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