La santé mentale des enfants et des jeunes ne peut plus attendre !

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Un rapport remis à la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées propose 10 mesure urgentes pour l’intervention précoce en santé mentale chez les jeunes. Il s’agit de repérer plus tôt les premiers signes de fragilité, d’intervenir avant la rupture, d’outiller les professionnels de terrain et d’accélérer l’accès au soin et au rétablissement en réduisant les délais et les obstacles.

Le 12 février, le rapport consacré au repérage et l’intervention précoce en santé mentale chez les jeunes a été remis à la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Stéphanie Rist. Une étape décisive pour faire évoluer les approches de prévention et d’accompagnement.

Ce rapport élaboré par le Professeur Rachel Bocher, le Professeur Marie-Odile Krebs et Madame Angèle Malâtre-Lansac, après l’audition de 100 personnes, propose 10 mesures d’urgence pour le repérage et l’intervention précoce qui devrait permettre au ministère de « passer du constat à l’action ». Les rapportrices signalent en effet que « l’intervention précoce en psychiatrie de l’adolescent et du jeune adulte ne constitue pas à ce jour un champ structuré de la politique de santé en France. Elle ne repose ni sur une définition nationale stabilisée, ni sur un cadre organisationnel identifié, ni sur des outils de pilotage permettant une lecture homogène de l’offre et de ses résultats ».


Les recommandations proposées forment un système cohérent fondé sur trois principes directeurs

  1. Une gradation claire et lisible des parcours
    Définir précisément, à chaque niveau, les missions, les compétences attendues et les modalités d’orientation. L’objectif est d’éviter la superposition des dispositifs, garantir la lisibilité pour les jeunes et leurs familles, assurer un accès rapide aux soins spécialisés sans saturer les ressources, et éviter toute perte de chance pour les jeunes les plus à risque.
  2. Une approche décloisonnée et « transdiagnostique »
    L’intervention doit intervenir avant la crise et avant le diagnostic catégoriel. Elle doit répondre aux besoins fonctionnels et développementaux des jeunes, quels que soient les tableaux cliniques, en intégrant également les troubles du neurodéveloppement susceptibles de se compliquer à cet âge.
  3. Une continuité entre repérage et intervention
    Repérer sans solution d’orientation rapide conduit à l’échec. Le repérage doit s’inscrire dans une culture commune partagée, fondée sur la sensibilisation du grand public, la formation graduée des professionnels et une articulation forte entre première ligne, soins primaires et soins spécialisés. Les parcours doivent être pensés dans une continuité entre psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent (PEA) et psychiatrie adulte (PA).

Les 10 recommandations :

– Établir une cartographie à l’échelle des territoires des ressources et partenaires impliqués dans le repérage et les soins pour les jeunes
– Repenser l’articulation entre repérage, orientation et soins
– Structurer un pilotage national du repérage et l’intervention précoce avec un centre ressource national
– Mailler le territoire avec des dispositifs d’intervention précoce
– Former l’ensemble des acteurs aux nouvelles pratiques de soins adaptées à l’intervention précoce
– Favoriser le changement de pratiques à l’échelle des territoires
– Développer les nouvelles technologies en santé au service du repérage et de l’intervention précoce
– Assurer un financement pérenne et pluriannuel
– Soutenir les programmes de recherche sur l’intervention précoce et la prévention en santé mentale des adolescents et jeunes adultes
– Renforcer la coconstruction avec les usagers et leurs proches.

Le rapport rappelle que : « L’intervention précoce n’est pas une simple question de “diagnostic plus rapide”, c’est une véritable transformation des pratiques, où les soins doivent être initiés en amont d’une situation de crise ou d’un diagnostic formel dès lors que les troubles impactent le fonctionnement et nécessitent le recours à des ressources spécialisées ».

Pour Stéphanie Rist les objectifs sont donc nets : « moins d’errance, moins de recours aux urgences, plus de prévention active et d’accompagnement adapté ».

Le ministère signale que « Les échanges se poursuivent avec l’ensemble des acteurs de l’écosystème afin de transformer ces recommandations en décisions concrètes ».

10 mesures d’urgence pour le repérage et l’intervention précoce en santé mentale, 12 février 2026,
Dr Rachel Bocher, Pr Marie Odile Krebs Angèle Malâtre-Lansac