« A demain sur la lune » : un documentaire poignant sur la fin de vie 

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Signé du réalisateur Thomas Balmès, le film nous plonge au coeur d’un service de soins palliatifs, auprès des patients. A leur côté, un visiteur pas comme les autres, le cheval Peyo, les aide à s’apaiser. Le film sera sur les écrans le 4 février prochain.

Que faire quand la vie bascule du côté de la maladie ? Qu’anticiper quand la mort, proche, impose à la personne de se pencher sur sa vie passée et sur le temps qui lui reste ? Voilà le propos que déroule le réalisateur Thomas Balmès dans A demain sur la lune, un film en immersion dans l’unité de soins palliatifs de l’hôpital de Calais où un cheval nommé Peyo rend visite aux patients les plus fragiles pour les accompagner et les apaiser dans leurs derniers jours. Au cœur de l’intime, l’œil de la caméra explore la fin de vie avec délicatesse et sans pathos.

Le combat d’Amandine

À l’issue du documentaire, plusieurs questions s’imposent : à quoi rime une vie ? Avons-nous su profiter de tout ce qui nous a été donné à vivre ? Et au bout du bout que restera-t-il ? Saurons-nous « bien mourir » et nous y préparer sereinement ?  Amandine, une patiente à la maladie incurable, suivie pendant un an par le réalisateur, jusqu’à ses derniers jours, dans l’unité de soins palliatifs, nous offre, en guise de réponse, son combat et le chemin qu’elle emprunte pour le mener et laisser une trace à ses jeunes enfants. Nous visitons son passé, sa vie de famille, ses doutes, son énergie même quand elle se teinte de désespoir.

Et puis, il y a Peyo

Le seul bruit de ses sabots dans l’unité de soins silencieuse, apporte d’emblée un supplément d’âme au décor. Mais que fait donc ici ce cheval, accompagné de son cavalier et dresseur Hassen Bouchakour ? Peyo n’est pas un cheval ordinaire, il parle spontanément à l’oreille des personnes les plus vulnérables, communique de façon intuitive avec elles dans une empathie des plus surprenante.

A travers son film, Thomas Balmès partage avec le spectateur cette lancinante question : que fait-on de son temps et comment choisissons-nous de le vivre que l’on ait encore quarante ans, vingt ans ou seulement un an devant soi ?

« Amandine aurait pu baisser les bras, céder au découragement, car elle était lucide, témoignera le docteur Leclerc, médecin en soins palliatifs. Mais avant tout, elle était clairvoyante, conscience qu’elle devait vivre jusqu’au bout et que c’était le plus grand cadeau qu’elle pouvait laisser à ses proches et à nous tous : être vivante jusqu’à la fin ». Peyo saura lui aussi s’en souvenir. Dans un dernier hommage, image bouleversante, il s’incline devant son cercueil.

A demain sur la lune, de Thomas Balmès, 1h20, en salle le 4 février.

Crédit photo : image tirée du film A demain sur la lune.