Une campagne choc pour en finir avec les violences sexuelles contre les infirmières

FacebookXBlueskyLinkedInEmail

L’Ordre national des infirmiers a lancé mercredi 21 janvier une campagne pour alerter et « protéger » les professionnelles.

« Trois infirmières sur dix subissent des avances de patients », « une étudiante sur quatre subit des comportements sexistes ou des violences sexuelles lors de sa formation », … : à travers quatre phrases et un slogan choc « STOP. Et c’est puni par la loi », l’instance représentative des infirmiers poursuit sa lutte contre les violences sexistes et sexuelles à l’encontre des infirmières. Les visuels de la campagne s’inspirent des résultats d’une consultation effectuée auprès de 21 000 infirmiers en 2024 et sont diffusés sur les lieux d’exercice des soignants (hôpitaux, établissements médico-sociaux…) et les réseaux sociaux. Les infirmiers ne sont pas oubliés par cette campagne alors qu’« un homme infirmier sur quatre est victime de violences sexistes et sexuelles ». L’Ordre national des infirmiers, qui représente plus de 600 000 infirmiers en France, s’est saisi du sujet depuis plusieurs années, et notamment avec l’arrivée de son ex-présidente, Sylvaine Mazière-Tauran (aujourd’hui remplacée par Alain Desbouchages).

L’ONI souligne qu’un tiers des infirmières « se sentent en insécurité » au travail et que « 12% vont changer de secteur ou mode d’exercice » après des violences sexistes ou sexuelles, mais que seulement 2% des victimes déposent plainte.

Les signalements progressent

Point positif dans ce sombre tableau, le nombre de signalements progresse : 904 en 2025, contre 599 en 2023 enregistrés par l’Observatoire de la sécurité des infirmiers. Pour renforcer la protection des victimes, l’Ordre propose lorsqu’un professionnel de santé effectue un signalement, un « accompagnement de pair à pair » par l’un de ses 136 « référents violences », formés notamment par la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences. L’Ordre national des infirmiers a mis en place une plateforme dédiée, « Victime ou témoin ? », accessible directement depuis son site internet pour informer et sensibiliser les citoyens mais aussi accompagner les infirmières et infirmiers, victimes ou témoins de violences. Cette page donne l’essentiel des numéros d’urgence, procédures de signalement, contacts des « référents violences » pour que les infirmières disposent des ressources et outils existants.

Pour « protéger » les infirmières, amenées pour certaines à intervenir à domicile, l’Ordre souhaite également « généraliser » les conventions territoriales avec la police et la justice, mais aussi les dispositifs d’alerte, comme celui, expérimenté en Meurthe-et-Moselle dont le principe repose sur une communication du numéro de téléphone des professionnels aux forces de l’ordre pour prioriser leurs appels. Autre proposition : l’ONI souhaite faire évoluer le code de déontologie pour qu’une infirmière agressée chez un malade puisse « se retirer » des soins.

La loi Pradal, adoptée en juillet, a alourdi les sanctions pénales en cas d’agression d’un soignant, y compris au domicile du patient, et permis aux établissements de santé et à l’Ordre de déposer plainte pour la victime. Le ministère de la Santé veut aussi permettre « un contrôle régulier » par les ordres professionnels du fichier des auteurs d’infractions sexuelles.

Pour en savoir plus :

Rendez-vous sur le site d’ Ordre national des infirmiers.