Six mois après le lancement des Assises de la télémédecine, une feuille de route a été dessinée le 26 janvier par S. Rist, ministre de la Santé, de l’Autonomie et des Personnes handicapées. Il s’agit de renforcer le déploiement de ces consultations, afin de « renforcer l’accès aux soins dans tous les territoires et pour tous les patients », tout en évitant les dérives. Une synthèse présente les grandes lignes.
La télémédecine s’est installée durablement dans les usages depuis la crise sanitaire et apparaît aujourd’hui comme un outil pertinent pour répondre aux besoins de soin des Français. Pour soutenir son déploiement, le ministère chargé de la Santé et l’Assurance maladie ont organisé conjointement des Assises nationales de la télémédecine sur une année. L’objectif était de permettre l’expression de toutes les parties prenantes pour faire émerger de nouvelles orientations fondées sur les besoins de la population, y compris dans les territoires les plus en difficulté et pour les usagers les moins mobiles.
Unanimement reconnue comme un outil complémentaire à la consultation en présentiel, la télémédecine doit être pleinement déployée dans une logique de qualité des soins, de territorialisation et de service rendu à ceux qui en ont le plus besoin ». S. Rist
Les conclusions des Assises ont été restituées au ministère le 26 janvier 2026 : à cette occasion, une feuille de route nationale contenant 4 axes a été annoncée d’ici l’été.
La feuille de route nationale à venir sur la télémédecine pourrait répondre à un double enjeu :
– renforcer l’égal accès aux soins dans tous les territoires (avec un déploiement prioritaire dans les zones sous-dotées) et pour tous les patients (âgés, en situation de dépendance, de handicap…)
– conforter la télémédecine, tant pour les téléconsultations que pour la téléexpertise, dans les pratiques professionnelles des médecins traitants et spécialistes.
Les 4 axes qui devraient en découler conforteront la juste place de la télémédecine dans le parcours de soins des Français. Elles se focaliseraient sur des thématiques clés :
– développer les compétences des professionnels de santé en matière de télémédecine et télésémiologie
– renforcer la place de la télémédecine dans le suivi et le parcours des patients
– déployer les possibilités de téléconsultation au bénéfice des patients qui en ont le plus besoin
– limiter les dérives en encadrant davantage les lieux d’implantation des équipements de téléconsultation.
Pour aller plus loin : les données et chiffres clés de la télémédecine
– Après un pic en lien avec la crise sanitaire, le nombre de téléconsultations pratiquées en France a reculé dans les années 2020-2023, avant de repartir à la hausse en 2024 avec 13,9 millions de téléconsultations, soit une progression de près de 20 % sur l’année.
– Typologie des « télémédecins »
Si les professionnels de santé libéraux représentent encore plus de la moitié (55 %) des téléconsultations pratiquées en 2024, leur part recule significativement sur les dernières années au profit des sociétés de téléconsultations (40 % des téléconsultations réalisées en 2024 contre 6 % seulement en 2021). Les médecins généralistes libéraux ont une activité de téléconsultation très limitée (2 % de leur activité clinique) tandis que celle-ci est plus développée pour plusieurs spécialités médicales libérales : psychiatres (7 % de l’activité clinique), endocrinologues (6 %).
– Place de la téléconsultation dans l'activité des professionnels
La téléconsultation représente 2,3 % de l’activité globale des médecins généralistes libéraux. 67 % des téléconsultations le sont avec des patients suivis en tant que médecin traitant (contre 76 % pour les consultations ou visites). Côté spécialistes : 7 % pour les psychiatres, 6 % pour les endocrinologues, 3 % pour les gynécologues.
• Assises de la télémédecine, Synthèse et axes de la feuille de route, 26 janvier 2026
Image : Pexel Karolina Grabowska









