Réflexions autour d’un « plan urbain pour la santé mentale »

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Professeur Philippe Conus, chef du service de psychiatrie générale, Hôpital universitaire Vaudois (Suisse), répond aux questions du GCS pour la recherche et la formation en santé mentale. Il revient sur différentes recherches en cours sur l’impact de la ville sur la santé mentale et présente un projet visant à « rendre l’espace urbain plus propice au rétablissement des personnes concernées par la psychose et, plus généralement, plus propice à la santé mentale de tous ses habitants. »

D’où vient votre réflexion autour d’un plan urbain pour la santé mentale ? 
J’ai rencontré le Professeur Ola Söderström qui est professeur de géographie humaine à l’Université de Neufchâtel, branche qui étudie les activités, les sociétés et les cultures humaines à la surface de la Terre. Nous avons échangé sur le lien entre ville et santé mentale, considérant en particulier les connaissances désormais bien établies relatives au fait que vivre son enfance en ville augmente le risque de développer une psychose, ainsi que d’autres troubles de santé mentale. Nous avons ensuite travaillé sur un premier projet qui visait à étudier les trajectoires de vie urbaine de patients confrontés à un premier épisode de psychose, en particulier les éventuelles corrélations entre ces trajectoires et la survenue d’épisodes de psychose. On a filmé des parcours accompagnés à Lausanne pour comprendre comment les patients vivent la ville, puis nous les avons visionnés avec les personnes concernées pour qu’elles puissent nous exprimer leur ressenti de manière à identifier les lieux de stress et les lieux de répit dans le milieu urbain.

Comment les usagers des services de santé mentale vivent la ville ? 
Cette approche nous a permis d’identifier trois principaux facteurs de stress : la densité des constructions et les obstacles à la mobilité, la surcharge sensorielle et l’interaction sociale (le regard des autres). Elle a également conduit à l’identification de trois stratégies utilisées par les patients pour faire face à ce stress : planifier et réguler les itinéraires de déplacement dans la ville, créer des bulles d’isolement et créer des atmosphères confortables (accompagnement par une personne familière ou port d’écouteurs, par exemple) (…)

Lire la suite de l’interview sur le site du GCS